Un décès traumatique sur trois en Europe est imputable à la consommation d’alcool, rappelle l’OMS Europe fin décembre. Selon les données les plus récentes (2019), près de 145 000 décès liés à des traumatismes – accidents de la route, automutilations, chutes – lui sont attribués.
Aucune autre substance psychoactive ne contribue autant aux traumatismes involontaires et intentionnels.
« L’alcool est une substance toxique qui provoque non seulement sept types de cancer et d’autres maladies non transmissibles, mais qui altère également le jugement et la maîtrise de soi, ralentit les temps de réaction, réduit la coordination et favorise les comportements à risque », souligne l’OMS
L’alcool est aussi un facteur majeur de violence. En 2019, environ 26 500 décès étaient dus à la violence interpersonnelle sur le continent, dont plus de 40 % imputables à l’alcool. Il contribue également à plus d’un tiers des décès par automutilation. L’OMS Europe insiste sur son rôle dans la violence entre partenaires intimes, augmentant la fréquence et la gravité des agressions.
Les jeunes sont particulièrement exposés. L’alcool figure parmi les principaux facteurs de risque d’invalidité et de décès prématurés dus à des traumatismes chez les adolescents et jeunes adultes. Ses effets sur le développement cérébral et la prise de décision entraînent des risques durables, notamment des troubles liés à la consommation et des problèmes de santé mentale.
L’Europe reste marquée par de fortes disparités : dans certains pays situés à l’Est, plus de la moitié des décès traumatiques sont liés à l’alcool, contre moins de 20 % en Europe occidentale.
L’OMS appelle une nouvelle fois à renforcer les politiques de prévention, notamment par la hausse des taxes, la limitation des ventes, l’interdiction du marketing et le dépistage précoce dans les soins.
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