Une étude britannique alerte sur l’impact climatique du N₂O dentaire

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Information dentaire

L’usage du protoxyde d’azote en dentisterie génère un impact environnemental bien supérieur à celui estimé jusqu’ici, selon une étude publiée dans le British Dental Journal (BDJ) en janvier dernier.

Les auteurs, issus de l’Eastman Dental Institute (Londres), ont conduit une évaluation de l’impact, en Grande‑Bretagne, du protoxyde d’azote (N₂O) utilisé pour la sédation consciente.

Si le N₂O est une technique efficace et sécurisée, recommandée par les autorités scientifiques, il demeure un puissant gaz à effet de serre, dont le potentiel de réchauffement climatique est « 273 fois supérieur » à celui du dioxyde de carbone, indiquent-ils.

Leur étude s’appuie sur les données de 31 services dentaires hospitaliers britanniques et 891 séances de sédation. Ils ont mesuré l’empreinte carbone associée à chaque acte, soit 28,62 kg CO₂e (équivalents dioxyde de carbone) en moyenne.

Puisque, selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), 1 kg CO₂e = 5 km en voiture à essence, l’empreinte carbone moyenne par rendez-vous de sédation équivaut à un voyage de 143 km…

Réduction des gaspillages
Impressionnant, mais les relevés des chercheurs s’échelonnaient de 10,74 à… 40,67 kg CO₂e, soit un trajet de Paris à Caen.

Une fourchette qui reflète des pratiques très hétérogènes d’un cabinet à l’autre. Les auteurs relèvent notamment que certains sites utilisant un réseau centralisé de distribution enregistrent 30 % de pertes, contre seulement 4 % dans les structures fonctionnant par bouteilles individuelles. Ils estiment qu’une harmonisation des pratiques (volumes administrés, organisation des circuits de gaz, dispositifs de récupération, etc.) constituerait un levier d’amélioration immédiat.

Les chercheurs recommandent donc que les services dentaires évaluent systématiquement leurs consommations et leurs pertes, repensent leurs équipements et actualisent leurs protocoles de sédation afin de réduire les émissions évitables. Une réduction des gaspillages, associée à des usages plus standardisés, permettrait de diminuer significativement l’empreinte carbone sans altérer la qualité des soins.

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