Approche bioconservatrice des tissus pour les restaurations indirectes

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°4 - 15 décembre 2014 (page 279-287)
Information dentaire
Résumé 
Les restaurations indirectes permettent d’avoir recours à des matériaux de restauration aux caractéristiques physiques optimisées. Leur pouvoir de restauration anatomique et leur résistance fonctionnelle les placent en excellente position pour imiter l’aspect et le comportement de l’émail dentaire. Sur le plan biologique, elles permettent une meilleure préservation des tissus, même en cas de forte perte de substance, que la dent soit pulpée ou non. La discussion s’engage aujourd’hui sur leur intérêt ou non à compenser le volume global de la cavité. D’autres stratégies sont avancées qui ont recours à des bases intermédiaires jouant le rôle de substitut dentinaire et de protection pulpaire. Aujourd’hui, le choix de la technique n’est pas clairement défini et doit se baser sur la situation clinique individuelle.

Implication clinique
Les caractéristiques tissulaire et anatomo-physiologique de la dent, les propriétés des matériaux restaurateurs et les différentes stratégies guident la préparation de la dent.

Imiter la nature. À l’époque de la régénération tissulaire de nombreux tissus et organes, la reformation du tissu dentaire minéralisé initial (émail et dentine) n’est pas encore d’actualité. Cependant, l’évolution des modes de restaurations adhésives (composites, céramiques, hybrides ou ciments verres ionomères) nous a entraînés vers des possibilités de traitement restaurateur de plus en plus proche des structures dentaires originelles.
Dans le cadre des restaurations indirectes, la question se pose de savoir quel rôle peut être joué par la restauration elle-même et quel est celui assuré par le traitement préalable de la cavité, en particulier si elle est volumineuse.
Cet article a pour but de rappeler les caractéristiques tissulaire et anatomo-physiologique de la dent et d’analyser les possibilités, qu’ont les matériaux restaurateurs, de les imiter en cas d’altération.
La dent est constituée de plusieurs tissus complexes extrêmement sophistiqués et interdépendants.
D’un point de vue anatomobiologique, l’émail (phase minérale à 96 %) est un tissu acellulaire et non innervé. Par sa forme et son épaisseur, sa dureté et sa résistance il répond à la fonction de mastication et assure la protection externe des structures sous-jacentes. Sa structure cristalline lui confère un aspect blanc translucide nuancé (1).
La dentine qui constitue la masse principale de la dent est minéralisée à 70 %. C’est une structure canaliculaire qui lui confère sa perméabilité et son aptitude à répondre aux stimuli externes par le biais des prolongements des cellules odontoblastes en rapport direct avec la pulpe. Elle n’a pas d’innervation propre, mais tout ce qui affecte la dentine se répercute sur la pulpe. Sa structure évolue en fonction de la vie de la dent et des agressions subies (2).
La pulpe, au sein de laquelle se trouvent les corps des odontoblastes et les cellules pulpaires, transmet les informations sensorielles…

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