Comment prévenir les ostéonécroses des maxillaires imputables aux antirésorptifs osseux ?

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°21 - 26 mai 2021 (page 52-56)
Information dentaire

L’absence de traitement curatif reconnu et efficace des ostéonécroses des maxillaires (ONM) nous incite à la prudence. La prévention reste aujourd’hui un enjeu majeur autant pour le prescripteur que pour les praticiens de la sphère bucco-dentaire. Le mauvais état bucco-dentaire et les gestes chirurgicaux sont reconnus comme les principaux facteurs de risques locaux d’ONM. L’objectif de cet article est d’aider le chirurgien-dentiste dans la prise en charge des patients bénéficiant des traitements inhibiteurs de la résorption osseuse (IRO).

Il n’est pas question ici de remettre en cause le bien-fondé des prescriptions des IRO, dont les modalités ont été réévaluées. Que ce soit dans le cadre d’affections bénignes ou malignes, le rapport bénéfice/risque et les alternatives thérapeutiques sont aujourd’hui bien codifiés. En fonction de la situation, avant ou pendant le traitement par IRO, le chirurgien-dentiste aura une part déterminante dans la maîtrise des facteurs de risque liés au mauvais état bucco-dentaire [1].

Les traitements dentaires retenus devront être adaptés en fonction du niveau de risque. Celui-ci sera très différent selon le traitement IRO prévu ou déjà suivi. Il s’agira également de préciser les éventuels facteurs de comorbidité (corticothérapie, prescription d’anti-angiogéniques notamment). De plus, il faudra garder à l’esprit que le risque d’apparition d’ONM est aussi corrélé à un effet de dose reçue (ou de durée de traitement) d’IRO [2]. Ainsi, les ONM sont beaucoup plus fréquentes dans les cas de pathologies cancéreuses où, en dehors des facteurs de comorbidité associés, les doses administrées sont nettement supérieures à celles utilisées dans l’ostéoporose notamment. Enfin, puisque le mauvais état bucco-dentaire reste un facteur de risque d’ONM, il faut se convaincre que les chirurgiens-dentistes occupent une place déterminante dans la prévention de cette complication des IRO.

Ainsi, concernant la prévention des ostéonécroses liées aux IRO, il conviendra de distinguer deux situations dans la prise en charge de ces patients :

  • avant instauration du traitement par IRO ;
  • pendant le traitement par IRO ;

et deux contextes :

  • affections bénignes (ostéoporose, maladie de Paget) ;
  • affections malignes (métastases osseuses, myélome).

Avant instauration des IRO

Dans tous les cas, il conviendra d’informer ou de rappeler aux patients l’importance et les enjeux de l’hygiène et du suivi…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Médecine

Article réservé à nos abonnés Place des bisphosphonates dans le traitement des parodontites : revue de littérature

Destruction osseuse induite par la parodontite La dernière classification des maladies parodontales définit la parodontite comme une pathologie inflammatoire chronique multifactorielle associée...
Médecine

Article réservé à nos abonnés Pharmacologie pratique des antirésorptifs osseux

Les antirésorptifs sont incontournables car ils ont fait la preuve de leur efficacité thérapeutique et que leur balance bénéfice/risque individuel...
Médecine

Article réservé à nos abonnés Les bisphosphonates et le dénosumab sont-ils vraiment utiles en cancérologie ?

Indications des antirésorbeurs en oncologie Les métastases osseuses Les métastases osseuses sont une complication fréquente des tumeurs malignes (tableau 1). Aux États-Unis,...
Médecine

Article réservé à nos abonnés Comment traiter les ostéonécroses des mâchoires ? Traitement médical ou chirurgical ?

En 2014, l’American Association of Oral and Maxillofacial Surgeons (AAOMS) [1] a défini les critères de diagnostic de l’ostéonécrose (tableau 1), les...
Médecine

Article réservé à nos abonnés Les bisphosphonates et le dénosumab sont-ils vraiment utiles en rhumatologie ?

Qu’est-ce que l’ostéoporose ? En rhumatologie, les ostéopathies fragilisantes (ostéoporose post-ménopausique ou cortico-induite, atteintes osseuses d’origine génétique, dans le cadre de...
Médecine

Article réservé à nos abonnés Ostéopétrose et pycnodysostose, un modèle physiopathologique d’ostéonécrose des mâchoires induite par les antirésorptifs osseux

Physiopathologie des OCN et similitudes avec certaines maladies ostéocondensantes Il existe différentes maladies osseuses d’origine génétique caractérisées par une ostéosclérose (c’est-à-dire...