Estimation quantitative de l’ostéointégration des implants dentaires. Apport des sciences de l’ingénieur

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°35 - 12 octobre 2022 (page 16-19)
Information dentaire

Si l’engouement pour l’implantologie dentaire s’explique par des succès thérapeutiques incontestés, un certain temps a été nécessaire avant d’admettre son enseignement académique [1]. L’énoncé du principe biologique d’ostéointégration par le Professeur P-I Brånemark a conféré une dimension scientifique à l’implantologie dentaire qui a longtemps été une discipline mal perçue car historiquement en errance entre différents concepts d’interfaces entre os et implant.

Fortes de la description d’un processus cicatriciel clairement établi, les équipes suédoises ont défini l’ostéointégration de manière globale, aussi bien du point de vue du patient que de celui de la biomécanique, de la biologie ou de l’histologie. D’autres équipes de cliniciens, chercheurs et enseignants comme celles de Zarb [2, 3] ont reconnu l’intérêt majeur de cette thérapie révolutionnaire et assuré son rayonnement international. Aujourd’hui, la réhabilitation implanto-prothétique des édentements unitaires, pluraux ou complets constitue une option fiable et éprouvée d’un grand nombre de situations cliniques.

Le principe d’ostéointégration a été formulé initialement par le Professeur P-I Brånemark et son équipe pour évoluer et se définir comme un contact direct entre un os vivant remanié et la surface d’un implant mis en charge s’assimilant ainsi à une « ankylose fonctionnelle adaptative ». Cette définition, reprise et complétée par l’American Academy of Implant Dentistry (AAID, 1986) [4] a peu évolué depuis. Les résultats obtenus à long terme sur la base de ce concept montrent une supériorité manifeste par rapport aux autres processus qui étaient alors en lice.

L’évolution des propriétés biomécaniques de l’interface os-implant détermine la stabilité de l’implant au cours du temps. La qualité de l’ostéointégration repose sur les caractéristiques de l’interface os-implant déterminées par l’intimité du contact entre la surface de l’implant et le tissu osseux minéralisé environnant ainsi que par la qualité mécanique de ce tissu osseux [5].
Le remodelage osseux péri-implantaire correspond à un processus dynamique. La mise en charge induit une modification de la microstructure de l’os péri-implantaire. Les implants peuvent assurer leur fonction favorablement avec des pourcentages de surface de contact implant-os (dénommée BIC pour Bone-Implant-Contact) variant d’environ 30 % à 90 % selon les études [6].

Certaines attitudes thérapeutiques influencent l’ostéo-intégration des implants, comme :

  • une limitation des micromouvements pendant la phase initiale de la cicatrisation ;
  • une mise en charge dans un délai adéquat pour assurer une stimulation fonctionnelle et éviter ainsi une résorption osseuse potentielle [7].

Les délais nécessaires à l’obtention de l’ostéointégration sont fixés arbitrairement sur la base de durées moyennes qui ne tiennent pas compte de la singularité de la réponse cicatricielle.

L’interface os-implant : clef de voûte du principe d’ostéointégration

Le…

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