Gestion du nerf incisif lors de la pose de deux implants symphysaires : cas clinique

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°9 - 11 mars 2026 (page 28-32)
Information dentaire
L’utilisation de deux implants symphysaires associés à des attachements afin de stabiliser une prothèse amovible complète est une solution thérapeutique validée par de nombreuses publications. Le consensus de McGill, publié en 2002, rapporte qu’une prothèse mandibulaire stabilisée par deux implants inter-foraminaux serait le traitement de référence pour un édentement complet mandibulaire [1]. Ce consensus a été étayé par la conférence d’York en 2009 et souligne l’amélioration significative de la satisfaction, du confort et de la rétention prothétique obtenue grâce aux attachements supra-implantaires, tout en maintenant un rapport coût/bénéfice favorable [2]. Ce protocole demeure ainsi la référence dans de nombreuses situations cliniques d’édentement total mandibulaire avec un taux de survie implantaire à 10 ans proche de 95 % [3].

La zone inter-foraminale est traditionnellement considérée comme anatomiquement sûre, car éloignée du trajet principal du nerf alvéolaire inférieur. De nombreuses variations anatomiques représentent toutefois un risque neurovasculaire non négligeable, souvent sous-estimé lors de la planification chirurgicale. La symphyse mentonnière est le carrefour de différents rameaux vasculaires qui peuvent être plus ou moins bien visualisés sur une imagerie CBCT, comme le canal lingual. Sur le plan nerveux, l’anatomie du foramen mentonnier présente différentes formes. Il peut être multiple et présenter une courbure plus ou moins prononcée. Dans une revue systématique avec méta-analyse, Muinelo-Lorenzo et al. rapportent une prévalence des foramina mentonniers accessoires chez environ 8 % des sujets, avec une forte dominance unilatérale (plus de 80 % des cas) et une localisation parfois supérieure au foramen mentonnier principal [4].

La présence d’un canal incisif antérieur, prolongement terminal du canal mandibulaire, est également un obstacle anatomique pour toute chirurgie dans cette région. Le canal incisif mandibulaire abrite la branche incisive du nerf alvéolaire inférieur et ses éléments vasculaires associés. La prévalence moyenne rapportée quant à sa présence est d’environ 90 % avec un diamètre variant de 0,4 à 4,1 mm et une longueur de 6,6 à 40,3 mm [5]. Ce canal, de trajectoire variable, peut se situer à une distance réduite de la corticale vestibulaire et de la crête alvéolaire, exposant ainsi le patient à des complications sensitives en cas d’atteinte lors de la pose d’implants dans cette région. Les atteintes du nerf incisif peuvent se manifester par des paresthésies, des douleurs ou des dysesthésies, source d’inconfort pour le patient. Il est à noter que l’identification du nerf incisif mandibulaire tend à diminuer vers la symphyse.

Dans une étude prospective [6], Walton évalue, avant et après…

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