La zone inter-foraminale est traditionnellement considérée comme anatomiquement sûre, car éloignée du trajet principal du nerf alvéolaire inférieur. De nombreuses variations anatomiques représentent toutefois un risque neurovasculaire non négligeable, souvent sous-estimé lors de la planification chirurgicale. La symphyse mentonnière est le carrefour de différents rameaux vasculaires qui peuvent être plus ou moins bien visualisés sur une imagerie CBCT, comme le canal lingual. Sur le plan nerveux, l’anatomie du foramen mentonnier présente différentes formes. Il peut être multiple et présenter une courbure plus ou moins prononcée. Dans une revue systématique avec méta-analyse, Muinelo-Lorenzo et al. rapportent une prévalence des foramina mentonniers accessoires chez environ 8 % des sujets, avec une forte dominance unilatérale (plus de 80 % des cas) et une localisation parfois supérieure au foramen mentonnier principal [4].
La présence d’un canal incisif antérieur, prolongement terminal du canal mandibulaire, est également un obstacle anatomique pour toute chirurgie dans cette région. Le canal incisif mandibulaire abrite la branche incisive du nerf alvéolaire inférieur et ses éléments vasculaires associés. La prévalence moyenne rapportée quant à sa présence est d’environ 90 % avec un diamètre variant de 0,4 à 4,1 mm et une longueur de 6,6 à 40,3 mm [5]. Ce canal, de trajectoire variable, peut se situer à une distance réduite de la corticale vestibulaire et de la crête alvéolaire, exposant ainsi le patient à des complications sensitives en cas d’atteinte lors de la pose d’implants dans cette région. Les atteintes du nerf incisif peuvent se manifester par des paresthésies, des douleurs ou des dysesthésies, source d’inconfort pour le patient. Il est à noter que l’identification du nerf incisif mandibulaire tend à diminuer vers la symphyse.
Dans une étude prospective [6], Walton évalue, avant et après…