Feuilleter un extrait
Information dentaire

L'Information Dentaire n°9 - 11 mars 2026

Je m'abonne >
Acheter ce numéro >

Edito

La confraternité : une exigence professionnelle « Je souhaiterais annuler mes rendez-vous, car j’ai vu en urgence un autre dentiste et il va réaliser les soins. » Ce message laissé au secrétariat par une patiente suivie depuis dix ans, dans une phase de temporisation avec des coiffes provisoires, me laisse sans voix. Il est évident que les patients ont le libre choix de changer de praticien, et ce quelle qu’en soit la...

La confraternité : une exigence professionnelle

« Je souhaiterais annuler mes rendez-vous, car j’ai vu en urgence un autre dentiste et il va réaliser les soins. » Ce message laissé au secrétariat par une patiente suivie depuis dix ans, dans une phase de temporisation avec des coiffes provisoires, me laisse sans voix. Il est évident que les patients ont le libre choix de changer de praticien, et ce quelle qu’en soit la raison : de proximité, relationnelle, financière… Mais il est toujours intéressant de connaître ce en quoi nous avons pu « faillir » pour motiver cette décision. Et, il me semble utile, lors de la réception d’une patiente ou d’un patient en urgence, de connaître son histoire dentaire, le nom de la praticienne ou du praticien qui la (le) suivait auparavant. Et si le nom est donné, d’utiliser cet instrument très présent dans nos vies : le téléphone !

La confraternité n’est ni une formule de courtoisie ni un principe abstrait inscrit dans un code. Elle est le socle de notre exercice quotidien. Être confrère, c’est partager une même responsabilité, une même exigence éthique et le même engagement au service des patients.

Le respect entre chirurgiens-dentistes ne se limite pas à l’absence de critique. Il suppose une attitude active de loyauté, de retenue et de dialogue. Lorsqu’un patient nous consulte alors qu’il est suivi par un confrère, notre premier devoir est de préserver la dignité professionnelle de celui-ci. Le second est de garantir la continuité et la qualité des soins, sans jamais créer de rupture artificielle ou d’opposition inutile.

Un appel téléphonique peut éviter bien des malentendus. Contacter son confrère pour comprendre la situation clinique, connaître l’état d’avancement du traitement ou vérifier que les aspects administratifs et financiers ont été réglés n’est pas une intrusion : c’est une marque de considération. Ce simple geste rappelle que nous ne sommes pas en concurrence, mais engagés dans une même mission.

La confiance des patients repose aussi sur l’image collective de notre profession. Lorsque des tensions s’expriment devant eux, c’est toute la profession qui s’en trouve fragilisée. À l’inverse, lorsque nous faisons preuve d’élégance et de solidarité, nous renforçons la crédibilité et l’autorité morale de notre exercice.

La confraternité n’est pas une contrainte. Elle est une force. Elle protège les praticiens, sécurise les patients et honore notre profession. Elle mérite d’être cultivée avec exigence, constance et humilité. Dans un monde où la violence fait rage, cultivons la sérénité dans notre communauté professionnelle.

Michel Bartala, rédacteur en chef

Voir plus

Éditorial

La confraternité, une exigence professionnelle

Michel Bartala

Revue de presse

Onlays et limites marginales

Pascal De March

Philippe Léonard

Actualité hebdo
Nicolas Fontenelle

Formation

Focus sur l’érythroplasie : ce que le chirurgien-dentiste doit savoir
Jean-Christophe Fricain, Mathilde Fénelon

La micro-géographie de surface : comprendre et reproduire la texture pour des restaurations directes esthétiques réussies
Romain Ceinos, Liujingjin Liu

Gestion du nerf incisif lors de la pose de deux implants symphysaires – Cas clinique
Hugo Mazuet

Exercice professionnel

Facteurs humains : cesser de punir l’erreur pour renforcer la sécurité des soins
Franck Renouard, Leila Assaghir

Évasion

Art

Caracoles fantasques d’une cavale rétive : exposition Leonora Carrington au Musée du Luxembourg
Thierry Leroux