Caracoles fantasques d’une cavale rétive

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°9 - 11 mars 2026 (page 40-43)
Information dentaire

Dompter Léonora Carrington, cette héritière d’Épona la déesse-jument, la cavale divine ? Pas de danger : elle s’y est trop identifiée, fille d’Irlandaise bercée de légendes celtiques et de contes de fées dans le néogothique manoir paternel. Rien des pouvoirs d’Épona ni de Dana, mère de toute création, ne lui est étranger, surtout en matière de secrets savoirs de femmes fortes, de transmissions par engendrements, de renaissances par transmutations. Dans ses chevauchées à perdre haleine comme dans les pages de cahiers qu’elle couvre d’aquarelles historiées, son imagination galope, peuplée de fantasques créatures hybrides. En vain tente-t-on de discipliner cette énergie sauvage par des inscriptions en pensions huppées, des présentations de débutante dans la haute société et à la cour de George V. Le rejet est systématique, et mutuel.

Dans les années 30, les voyages d’étude en Italie et à Paris marchent mieux, qui lui ouvrent les portes des académies où elle se forme aux arts. Le monde très personnel qu’elle porte en elle s’en accommode plus qu’il ne s’y reconnaît. Sauf, peut-être, dans ce mouvement étrange qu’elle découvre, en 1936 à Londres, lors d’une très inédite « International Surrealist Exhibition ». Un tableau en particulier lui parle, signé Max Ernst. Leur rencontre l’année suivante est le point de départ d’une aventure échevelée qui la mènera de Cornouailles à Paris où fuit le couple, puis en Ardèche où il réfugie son bonheur de créer ensemble, avant que la guerre ne fasse tout voler en éclats. Leurs chemins se recroiseront plusieurs fois dans l’exil outre-Atlantique, mais sans plus se fondre.

Brisée par les violences subies dans l’Espagne franquiste, internée de force dans une clinique psychiatrique où on lui inflige des « traitements » proches de la torture, elle s’en échappe à travers un mariage…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

À découvrir

Article réservé à nos abonnés Ciel, mon romantisme !

Parmi les sens dérivés de l’adjectif romantique, deux s’opposent : l’un traduit un innocent charme sentimental, l’autre un coupable manque de...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés L’art du temps retrouvé

Une journée bien meublée Profitant des galeries en enfilades du musée, la scénographie d’Une journée au XVIIIe siècle esquisse la...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés Visite dans une clinique du pays de Gex…

Le challenge était de conjuguer fonctionnalité, esthétique et de placer au centre du programme le bien-être du personnel et de...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés « Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. » (Samuel Beckett)

L’échec, un état d’esprit À la toute veille de Mai 68, les Shadoks déboulaient de leur maboule planète, déboussolant en...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés Armadas vers les terres rares

Clément Cogitore, les possibilités d’une île Une terre soudain convoitée par de grandes puissances pour son potentiel de ressources ? Eh...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés Natures Inspirées : Pekka Halonen, Eva Jospin

Chaleur humaine et blancs manteaux Aurions-nous de la neige cette année ? Avant son retour surprise, la question était rituelle. En ville...