Ciel, mon romantisme !

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°14 - 15 avril 2026 (page 46-51)
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Parmi les sens dérivés de l’adjectif romantique, deux s’opposent : l’un traduit un innocent charme sentimental, l’autre un coupable manque de réalisme. Face à des travaux sans doute nécessaires – et coûteux : 3,8 millions d’euros, 17 mois de fermeture –, la rénovation du Musée de la vie romantique a dû faire un choix cornélien entre ces deux acceptions. Ceux qui tenaient au charme des volets vert d’eau de cette enclave 1830 préservée au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes auraient semble-t-il préféré la première, ne retrouvant qu’en photos le jardinet aux treilles fleuries et le haut marronnier (attaqué de menaces fongiques dit-on) qui annonçait de loin la longue allée immiscée dans la falaise de la rue, étroite faille spatio-temporelle conduisant à une demeure qui en était la porte. Mais si le jardin attend d’être plus activement aidé à reprendre ses droits plaisamment romantiques sur une banale « cour végétalisée », les visiteurs nouveaux ou non sujets à la nostalgie (les autres aussi, allons) peuvent se réjouir de la récente réouverture du musée. Sa découverte reste en effet un moment hors du temps et une clé d’entrée dans la société du XIXe siècle Romantique.

On est donc chez Ary Scheffer, peintre venu de Hollande se fixer à Paris dans ce quartier nouvellement loti et encore champêtre où s’installent les artistes. Fort de ses succès auprès des Orléans dont il est un familier et devenu portraitiste en vue, il reçoit le Tout-Paris et d’abord ses voisins pour des soirées dans l’un des deux ateliers qu’il a fait ajouter. Parmi les fidèles, des peintres, Delacroix et Géricault en tête, des sculpteurs, des écrivains dont Lamartine et George Sand la grande amie, des musiciens et cantatrices, Liszt, Chopin, la Malibran et sa sœur, des politiques aussi, La Fayette, Thiers, Guizot, et des historiens, Augustin Thierry et Ernest Renan, qui épousera sa nièce. C’est d’ailleurs…

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