À Nantes, coup de balai chez les sorcières

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°16 - 29 avril 2026 (page 76-81)

John William Waterhouse (1849-1917), Circé, la magicienne, 1911, Huile sur toile. Collection particulière, Rome, © Peter Nahum at The Leicester Galleries, London / Bridgeman

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Qu’elle soit belle, rebelle, savante ou puissante, tout ça au fond c’est du même chaudron : elle est dangereuse, et de toute antiquité on craint ses artifices autant que ses maléfices. Elle, c’est la sorcière. Une figure honnie, bannie, traquée, lynchée, brûlée. Donc une figure utile aussi, bien faite pour incriminer n’importe quelle femme sitôt qu’on peut l’en affubler. Peu importe la véracité du motif : dérangée ou dérangeante, c’est un danger à purger. Certes, un homme sorcier ça peut exister, et en cas de besoin expiatoire on peut lui faire sur le bûcher une place dévolue en priorité aux femmes. Mais à quoi bon tout un tintouin procédurier s’il suffit d’effacer discrètement le bouc émissaire notoire ? La femme sorcière, c’est mieux comme concept, encore plus fédérateur, libérateur et festif.

Son procès promet suspense et son exécution liesse populaire, toutes choses attractives, plus que le lancer de chats du clocher, et bonnes à l’ordre moral, au lien social, au commerce local. Un terrifiant féminicide-spectacle en réalité, mais qu’une certaine folklorisation de la sorcière a banalisé.

De quand date exactement cette stigmatisation criminelle, quelles femmes frappait-elle et pourquoi ? Autant de questions auxquelles répond l’exposition qui, à Nantes, retrace l’histoire des sorcières et l’évolution de leur perception dans l’imaginaire et les mentalités, en s’appuyant sur des travaux rigoureux de chercheurs et près de 180 œuvres : gravures, peintures, manuscrits, archives, objets de rituels, dispositifs multimédias, cartes animées. Sans oublier les animaux et accessoires recréant le décor familier et l’ambiance adéquate, mais en balayant quelques idées reçues, toiles d’araignées qui voilent nos représentations.

Fabrique-moi une sorcière

Chapeau pointu, nez crochu, yeux globuleux, robe noire, tignasse et laideur à faire peur : faire le portrait-robot d’une sorcière…

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