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Partie 2 - Les biomatériaux de régénération osseuse en chirurgie parodontale et implantaire

Ingénierie tissulaire en odontologie

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Après la description du principe, de l’évolution et des applications de l’ingénierie tissulaire dans la première partie, nous détaillons dans cet article l’une de ses applications en chirurgie implantaire, préprothétique et parodontale : l’utilisation de biomatériaux de régénération osseuse en décrivant leurs différents types, caractéristiques et indications.

Les biomatériaux de régénération osseuse sont utilisés en chirurgie implantaire (préservation d’alvéole, chirurgie sinusienne, traitement des péri-implantites), en chirurgie préprothétique (aménagement de crête) ainsi qu’en chirurgie parodontale pour le traitement des lésions infra-osseuses et les atteintes de furcation de classe II. Au cours du temps, différentes approches thérapeutiques ont été proposées afin d’améliorer les résultats des chirurgies traditionnelles. Tout d’abord l’utilisation de biomatériaux de régénération osseuse puis celle de membranes non résorbables ou résorbables et enfin les dérivés de la matrice amélaire. Dans ces deux dernières techniques, le biomatériau permettrait une régénération du système d’attache en complément du gain osseux. Ces biomatériaux de comblement/régénération osseuse peuvent provenir de différentes origines : os humain par autogreffe (os du patient prélevé au niveau intra ou extra-buccal) ou allogreffe (os de banque), biomatériau d’origine animale (xénogreffe et membranes d’origine porcine) ou synthétique (matériau alloplastique et membranes en PTFE ou en polymère) [1].

Les différents types de cicatrisation parodontale [2-4]

La cicatrisation parodontale se déroule dans un milieu septique et met en jeu plusieurs tissus ou structures de nature différente : l’épithélium et la surface dentaire (émail, cément ou dentine) qui sont non vascularisés, et le tissu conjonctif du chorion gingival avec l’implication à distance du ligament alvéolo-dentaire résiduel, riche source de cellules mésenchymateuses, et le tissu osseux. La cicatrisation obtenue après un traitement non chirurgical ou chirurgical peut suffire et est compatible avec la maintenance d’une bonne santé parodontale à long terme, il s’agit dans ce cas de figure d’une réparation. Cependant, dans certaines situations, comme lors de lésions infra-osseuses profondes, d’atteintes des furcations, il est possible de faire appel à des techniques qui vont au-delà de la réparation, qui cherchent à régénérer la totalité des tissus parodontaux détruits par la maladie : on parle de régénération parodontale.

La réparation

La cicatrisation parodontale après une thérapeutique d’assainissement, qui aboutit à la formation d’un long épithélium jonctionnel, est l’exemple type de la réparation (fig. 1). La réparation au niveau parodontal permet de protéger le parodonte profond et d’assurer à nouveau l’adhésion de l’épithélium jonctionnel sur la surface radiculaire en « fermant la poche », grâce à l’épithélium essentiellement, qui permet assez rapidement (en quelques jours) aux tissus sous-jacents de poursuivre un processus de cicatrisation (réparation), dont la cinétique est plus lente, en particulier au niveau du tissu osseux.

La régénération

Il s’agit de permettre la reproduction ou la reconstruction d’une partie lésée ou perdue, de manière à ce que l’architecture et la fonction de la partie lésée ou perdue soient partiellement ou complètement restaurées. Cela signifie que l’attache sur la dent a été restaurée avec des fibres de collagène insérées sur la surface radiculaire déjà exposée à la maladie (néocément), pendant que l’os alvéolaire est reconstruit, de manière à permettre l’ancrage des nouvelles fibres en provenance du néocément (fig. 1). Ainsi, la régénération résulte de la mise en place d’une nouvelle attache.

1. Anatomie des défauts osseux parodontaux et les 3 types de cicatrisation.

La Régénération Tissulaire Guidée et la Régénération Tissulaire Induite [5, 6]

Le terme le plus couramment utilisé est Régénération Tissulaire Guidée (RTG), alors que le terme Régénération Tissulaire Induite est apparu plus récemment, même si la RTG recouvre le champ d’application de la RTI. En fait, l’utilisation des dérivés de la matrice amélaire (RTI) a contribué à la volonté de différencier le concept de l’isolation mécanique par une membrane (RTG) de celui de l’induction biologique d’un processus de cicatrisation par régénération (RTI). Cela étant, il existe des situations où il est possible de combiner à la fois une membrane avec des dérivés de la matrice amélaire, voire des biomatériaux de substitution osseuse. La RTG reste le terme générique le plus communément…

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