Jusqu’où peut-on aller en parodontologie ?

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°37 - 30 octobre 2019 (page 86-100)
Information dentaire

Depuis un certain nombre d’années, un débat subsiste dans la littérature scientifique concernant le moment où il est nécessaire d’extraire et éventuellement d’implanter [1].

Nombreuses, en effet, sont les études scientifiques longitudinales en parodontologie montrant qu’il est possible de conserver fonctionnelles des dents présentant un support osseux réduit pendant plusieurs années dans le cadre d’un suivi thérapeutique régulier [2].

Néanmoins, lorsque la fonction doit être réhabilitée, le remplacement de dents à pronostic défavorable introduit l’alternative implantaire. Cela se traduit par l’accroissement constant du nombre d’implants dentaires posés dans le monde apportant une satisfaction affirmée par les patients réhabilités, notamment en termes de qualité de vie [3].

Une des conséquences indirectes de cette situation est l’augmentation de la prévalence des complications péri-implantaires sous la dépendance d’une absence de suivi et de gestion des facteurs de risque [4]. Il est estimé qu’un tiers des patients implantés sera atteint par une péri-implantite [5].

Nous aborderons dans cet article de la possibilité de conserver des dents au support parodontal réduit.

1. Suivi parodontal à 7 ans d’une dent parodontalement compromise. Patient de 36 ans, diabétique non équilibré (Hb1Ac à 10,7 %), non-fumeur.

2.Lésion endo-parodontale nécessitant un traitement pluridisciplinaire (parodontie/endodontie). Patiente de 68 ans en bonne santé générale, non fumeuse

3. Lambeau d’accès.

4. Lambeau « MIST » (Minimally Invasive Surgical Therapy, Cortellini 2007).

5. Tunnelisation.

Place du traitement parodontal dans la santé orale et générale

La santé parodontale est un préalable indispensable à toute réhabilitation (conservatrice, prothétique, orthodontique). Les dernières conférences de consensus de la Fédération Européenne de Parodontologie (EFP) repositionnent le traitement parodontal au sein de la prise en charge globale des patients atteints de pathologies systémiques, telles que les maladies cardio-vasculaires ou le diabète. En effet, chez les patients présentant ces comorbidités, une parodontite sévère non traitée contribue à augmenter les risques d’événements cardiovasculaires et de complications métaboliques [6, 7].

Après l’identification de la maladie (diagnostic) et la prévision de son succès dans le temps (pronostic), la question de la conservation des dents parodontalement compromises se pose et un traitement parodontal peut être envisagé. Une dent est considérée parodontalement compromise si elle présente une perte osseuse comprise entre 60 et 80% de sa hauteur radiculaire. Cependant, la perte osseuse radiologique n’est pas une indication absolue à l’avulsion (fig. 1). Grâce au traitement parodontal et à un suivi régulier, ces dents peuvent être maintenues avec un taux de survie de 93 % à dix ans [2, 8, 9]. Ce taux de survie se rapproche de celui des implants chez un patient aux antécédents de parodontite modérée [10].

La perte osseuse moyenne sur douze ans chez des patients initialement atteints de parodontite sévère généralisée ayant été traités est estimée à 0,8 mm [11]. Il paraît ainsi naturel de tout mettre en œuvre pour conserver des dents au pronostic initialement réservé. Cette attitude implique une collaboration étroite entre le patient et le praticien, ainsi qu’une connaissance approfondie des thérapeutiques parodontales et des résultats espérés.

1. Suivi parodontal à 7 ans d’une dent parodontalement compromise. Patient de 36 ans, diabétique…

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