Les déchirures cémentaires correspondent à un détachement partiel ou complet du cément. Leur prévalence est estimée entre 2 et 5 % [1, 2], mais leur reconnaissance clinique demeure insuffisante. Cela conduit à des erreurs diagnostiques fréquentes entraînant des thérapeutiques inadaptées [3]. Les facteurs prédisposants se répartissent en deux catégories : facteurs internes (structure cémentaire, âge, type de dent (incisives et prémolaires), pathologies systémiques) et facteurs externes (traumatismes, surcharge occlusale, maladie parodontale) [4]. La présence d’une déchirure cémentaire constitue par ailleurs un facteur local favorisant l’apparition ou la progression d’une parodontite [5]. Le diagnostic repose sur l’imagerie, avec un apport déterminant du CBCT lorsque la localisation radiculaire rend la lésion invisible en 2D [6]. La déchirure cémentaire constitue une cause encore sous-estimée de perte d’attache, d’abcès récidivants, de lésions infra-osseuses et d’échecs de traitements parodontaux et endodontiques [7]. Son évolution peut être lente et silencieuse, retardant ainsi le diagnostic. La prise en charge des déchirures cémentaires ne fait pas consensus aujourd’hui et dépendra de la localisation, de l’extension de la déchirure, de la perte osseuse et de l’accessibilité chirurgicale. Le traitement vise avant tout l’élimination complète du fragment cémentaire, condition indispensable à la cicatrisation parodontale [8]. Plusieurs stratégies, pouvant être utilisées séparément ou en combinaison, sont rapportées dans la littérature : dépose du fragment cémentaire, traitement parodontal chirurgical avec régénération, chirurgie endodontique, avulsion intentionnelle et extraction [9-11].
Les deux cas cliniques présentés illustrent deux situations distinctes de déchirure cémentaire tant dans leur diagnostic que dans leur prise en charge. Dans le premier cas, la déchirure a été diagnostiquée…