Le collage à la dentine sclérotique

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°25 - 3 juillet 2019
Information dentaire
La dentine sclérotique est une réponse physiologique du complexe pulpo-dentinaire au vieillissement de la dent et aux agressions « lentes » type érosion, abrasion, attrition (fig. 1 et 2). Tous les patients présentent ou présenteront donc des surfaces de dentine sclérotique. Afin de restaurer ou de donner une seconde jeunesse à ces dents, et dans un contexte de dentisterie la moins invasive possible, nous serons amenés à coller sur cette dentine particulière. Or il a été montré que les valeurs d’adhérence étaient 20 à 45 % moindres que sur de la dentine dite « saine » [1]. C’est pourquoi nous ferons le point sur les stratégies adhésives et les procédures cliniques permettant de relever avec succès le défi du collage à la dentine sclérotique.

Différences entre la dentine saine et sclérotique

La dentine « saine » est composée d’une partie minérale (47 % du volume), d’une partie organique (33 % en volume, principalement du collagène) et d’eau. Elle présente une structure cristalline d’hydroxyapatite organisée autour d’un réseau de tubules contenant les prolongements cellulaires des odontoblastes. D’un point de vue ultra-structurel, les cristaux sont déposés sur un maillage de collagène.

La dentine sclérotique présente de grandes différences avec cette structure classique :
– les tubules dentinaires sont partiellement ou totalement oblitérés par une phase cristalline ;
– certains tubules ne sont pas oblitérés mais vides de prolongement odontoblastique ;
– la couche externe est une zone hyperminéralisée ;

La couche hyperminéralisée contient encore du collagène, mais celui-ci est complètement dénaturé. De plus, sa morphologie peut varier au sein d’une même région de dentine scléro­tique.
Prenons les lésions cervicales non carieuses, exemple typique de zone de dentine sclérotique (fig. 3) :
– la couche hyperminéralisée est épaisse dans la partie la plus profonde de la lésion. Elle présente deux espèces de bactéries : l’une piégée dans la partie minérale, l’autre se développant en tapis filamenteux à sa surface ;
– dans la partie occlusale de la lésion, la couche hyperminéralisée ainsi que la couche bactérienne de surface sont plus fines ;
– dans la partie gingivale de la lésion, la couche hyperminéralisée est encore plus fine (moins de 1 micron) et exempte de toute bactérie.

3. Morphologies de la dentine sclérotique le long d’une lésion cervicale non carieuse.

Sous cette zone hyperminéralisée se trouve ensuite la dentine sclérotique à proprement parler. Elle a, elle aussi…

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