Les élongations coronaires chirurgicales

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°28 - 14 juillet 2021 (page 21-25)

6a. Consultation postopératoire à une semaine. Les fils peuvent être déposés.

Information dentaire
Les élongations coronaires ont pour but d’augmenter la longueur de la couronne d’une dent. Cet objectif semble simple, mais il n’est atteint que sous réserve de quelques impératifs que le praticien doit obligatoirement identifier lors de la consultation préopératoire. à défaut, l’échec esthétique et/ou fonctionnel est garanti. Le rétablissement ou la préservation du système d’attache parodontale est un principe fondamental. Dans le cas d’élongations coronaires fonctionnelles, la difficulté consiste à dégager l’accès aux futures limites prothétiques, voire à prévoir un espace suffisant de sertissage prothétique, sans compromettre la stabilité de la dent et la santé du parodonte. Le secteur maxillaire antérieur impose une contrainte esthétique supplémentaire, gage d’acceptation et d’intégration prothétique pour le patient.
  1. Pourquoi l’attache supra-crestale doit-elle être rétablie ?
  2. Comment déterminer l’importance de l’éviction tissulaire à réaliser ?
  3. Quels sont les différents temps opératoires de l’intervention ?
  4. Quels délais de cicatrisation pour les phases prothétiques provisoires et d’usage ?

Réponses

1 – Le système d’attache d’une dent est composé de l’os alvéolaire, du ligament alvéolo-dentaire et de l’attache épithélio-conjonctive ou attache supra-crestale. L’attache supra-crestale, anciennement confondue avec l’espace biologique, est un espace d’environ 2 mm [1] occupé par l’attache conjonctive (1 mm) et l’attache épithéliale (1 mm). Il est normalement visible à la radiographie rétro-alvéolaire entre le sommet de la crête osseuse et la jonction émail-cément. Comme une dent possède naturellement un sulcus, certains auteurs estiment qu’il convient d’y ajouter au moins 1 mm de sulcus libre de toute structure prothétique [2]. On peut donc considérer l’espace biologique comme un « espace clinique sanctuarisé » de 3 mm au sommet de la crête osseuse alvéolaire, nécessaire à la santé et à la stabilité parodontale. La violation de l’espace biologique génère un traumatisme parodontal aboutissant à des récessions gingivales ou des gingivites prothétiques (fig. 1a-b).

Même en l’absence de restauration, l’espace biologique n’est parfois naturellement pas correctement établi sur la dent. Ce phénomène est couramment décrit comme une éruption passive retardée. Elle peut être une indication d’élongation coronaire esthétique afin de rétablir la couronne clinique dans son intégralité (fig. 2a-c).

2 – L’élongation coronaire se fera aux dépens du parodonte superficiel et du parodonte profond. Une gingivectomie n’est possible que si le parodonte comporte plus de 3 mm de gencive kératinisée. En effet, il est recommandé…

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