L’usure modérée : approche pragmatique d’un cas clinique

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°43 - 9 décembre 2020 (page 14-24)
Information dentaire

Quel traitement demande plus de réflexion et de rigueur aujourd’hui que le traitement de l’usure ? La recherche de ses étiologies s’apparente parfois à une enquête policière pour en comprendre le processus. Cela nécessite une écoute et une analyse approfondie pour déterminer la stratégie la plus adéquate, dans le respect de la préservation tissulaire, de la pérennité des restaurations, du résultat esthétique souhaité et des capacités financières du patient. Dans ce contexte, nous sommes souvent conduits à élaborer une stratégie personnalisée pour chaque patient selon ses besoins, ses attentes et ses capacités. Ces traitements « sur mesure » nécessitent une connaissance de l’occlusion, des biomatériaux dentaires, des principes de préparations des restaurations partielles en céramique et de l’adhésion.

Sous l’impulsion de Francesca Vailati et d’Urs Belser en 2008 [1-3], plusieurs protocoles ont été proposés pour prendre en charge et réhabiliter les patients présentant une denture sévèrement usée. Ces protocoles ont en commun d’envisager le traitement en plusieurs étapes [4].

Les étapes du traitement

Analyse esthétique et fonctionnelle

L’analyse esthétique nécessite un bilan photographique précis. Il est réalisé en premier lieu et adressé au prothésiste accompagné des modifications esthétiques à apporter. La transmission des axes du visage complète ces données.

L’analyse fonctionnelle consiste à vérifier préalablement l’absence de symptômes articulaires ou musculaires et l’intégrité des rapports occlusaux. Ces symptômes doivent être traités avant d’envisager une réhabilitation globale définitive.

Une prise d’arc facial complète cette analyse pour transmettre au laboratoire le maximum de précisions en vue de la reconstruction des arcades.

Évaluation d’une nouvelle DVO

Il est souvent préférable d’augmenter la dimension verticale d’occlusion (DVO) pour créer un espace suffisant à une réhabilitation esthétique et fonctionnelle tout en permettant une préparation minimale des surfaces dentaires déjà usées.

Il semble qu’une augmentation maximale de 5 mm au niveau du secteur antérieur soit possible sans conséquence néfaste sur les articulations temporo-mandibulaires [5]. Cette augmentation peut être évaluée à l’aide d’une butée antérieure testée directement en bouche et transmise au laboratoire de prothèse.

Si certains auteurs préconisent une épaisseur minimale de céramique de 0,5 mm en occlusal (table top), une épaisseur de 1,5 mm paraît plus prudente pour réduire les risques de fractures ou de chipping, en particulier dans les cas de bruxisme [6].

Wax up et masque en résine

L’ensemble de ces éléments doit permettre la réalisation d’un wax up qui sera transféré…

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