Identifier les facteurs de risque et d’aggravation de l’usure dentaire pathologique

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°32 - 24 septembre 2025 (page 36-45)
Information dentaire
L’objectif de cet article est de revenir sur les principaux facteurs de risque de l’usure pathologique, en mettant en évidence leurs spécificités, leurs interactions et leurs implications cliniques. En complément, certains conseils de prévention et de prise en charge thérapeutique sont également proposés afin d’orienter la pratique clinique.

Lusure dentaire est un processus multifactoriel dont la compréhension des facteurs de risque est déterminante pour en faciliter le diagnostic, orienter la prévention et adapter les stratégies thérapeutiques [1]. Au-delà de ses conséquences cliniques, elle peut également révéler ou s’associer à certaines pathologies systémiques ou comportementales [2]. Dans un contexte marqué par l’évolution des modes de vie et l’exposition croissante à divers facteurs environnementaux, le nombre de patients concernés par l’usure dentaire pathologique semble en augmentation [3-5].

Si une certaine usure peut être considérée comme physiologique — phénomène progressif lié à l’âge et à l’usage normal de la dentition — l’usure pathologique, en revanche, résulte de conditions ou de comportements qui en accélèrent le processus [1]. Elle peut avoir une origine chimique, par l’action d’acides non bactériens (érosion), ou mécanique, liée à des contraintes physiques telles que le contact dent contre dent (attrition) ou l’action d’un corps étranger (abrasion). Souvent, ces mécanismes se combinent : une surface fragilisée par l’érosion devient plus vulnérable aux forces mécaniques du brossage ou du bruxisme. Cette interaction explique la complexité du diagnostic et la difficulté à définir des mesures de prévention et de traitement réellement efficaces [6].

Facteurs socio-démographiques

Genre

Certaines études récentes montrent que les hommes sont plus affectés par l’usure dentaire que les femmes [7, 8]. Cette différence pourrait être attribuée à divers facteurs, tels que des habitudes alimentaires, des différences biologiques dans la structure dentaire, ou encore des comportements spécifiques comme un grincement des dents (bruxisme) plus fréquent chez les hommes [2].

Âge

L’usure dentaire est un phénomène qui tend à s’accentuer avec l’âge [9]. Au fil des années, les dents subissent une exposition…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Dentisterie restauratrice : flux numérique et impression 3D

La fabrication additive des pièces prothétiques On distingue deux grandes méthodes de fabrication assistée par ordinateur : la fabrication soustractive...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Restaurations partielles collées après radiothérapie de la sphère oro-faciale : promesse risquée ou solution thérapeutique fiable ?

Le cas clinique présenté ici illustre cette démarche thérapeutique. À la suite d’un diagnostic de cancer des voies aérodigestives supérieures,...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Autotransplantation assistée par impression 3D

Cas clinique Une patiente de 17 ans a été adressée par son chirurgien-dentiste traitant pour avulsions des 16 et 26....
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Réhabilitation fonctionnelle et esthétique d’une amélogenèse imparfaite hypoplasique

L’amélogenèse imparfaite (AI) constitue un ensemble de pathologies génétiques rares affectant la formation de l’émail, avec une prévalence estimée à...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Réfection d’un bridge de type Rochette par un bridge collé cantilever antérieur en disilicate de lithium

Les bridges collés en cantilever, à la lumière du travail des pionniers, le Pr Mathias Kern de l’université de Kiel...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Risque de récidive orthodontique et bridge cantilever : quid de la contention ?

La proportion de patients présentant une ou des agénésies d’incisives latérales maxillaires est fréquente, touchant environ 4,6 % des hommes et...