RÉSUMÉ
Le piercing oral, pratique esthétique répandue chez les jeunes adultes, expose la cavité buccale à divers traumatismes mécaniques et infectieux. Parmi ces complications, la récession gingivale linguale, souvent méconnue, représente une atteinte parodontale irréversible pouvant compromettre la santé et la stabilité des incisives mandibulaires. Cet article synthétise les données actuelles de la littérature et illustre, à travers plusieurs cas cliniques, les mécanismes et conséquences parodontales de cette pratique.
Les piercings oraux sont devenus un mode d’expression corporelle fréquent. Leur prévalence est estimée à 5,2 % avec une majorité de sujets féminins. Cependant, il existe de fortes disparités géographiques qui font varier ce taux de 0,8 % à 12 % [10]. Parmi les différents types de piercings oraux, on distingue : le piercing lingual, le piercing labial, le piercing jugal, le piercing du frein de la langue. Les bijoux présentent des morphologies variables et sont constitués de différents types de matériaux (acier inoxydable, titane, plastique…).
La proximité constante du bijou métallique avec les tissus dentaires et parodontaux engendre un risque de traumatisme chronique pouvant générer des altérations sévères des tissus dentaires et parodontaux [7].
Récessions gingivales causées par le piercing lingual
Les récessions gingivales figurent parmi les lésions orales les plus fréquemment associées aux piercings intra- ou péri-oraux [1]. La récession gingivale linguale, observée principalement au niveau des incisives inférieures, constitue une complication majeure et souvent sous-diagnostiquée. Elle résulte d’un frottement répété du bijou contre la gencive, induisant une perte d’attache épithéliale et conjonctive pouvant entraîner une récession gingivale risquant de sévèrement altérer le support parodontal.
Les données issues de la littérature montrent que :
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