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Information dentaire

Parodontologie Implantologie Orale, un nouveau regard n°3 - 15 septembre 2026

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Edito

Prescrire moins, prescrire mieux L’antibiorésistance n’est plus une menace lointaine : elle s’invite déjà dans nos cabinets. En 2022, les chirurgiens-dentistes étaient les deuxièmes prescripteurs d’antibiotiques en ville, derrière les médecins généralistes. Ce chiffre doit nous interpeller. C’est dans ce contexte que la Haute Autorité de Santé (HAS) a adopté de nouvelles recommandations sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire. Ce numéro s’ouvre sur la fiche de synthèse...

Prescrire moins, prescrire mieux

L’antibiorésistance n’est plus une menace lointaine : elle s’invite déjà dans nos cabinets. En 2022, les chirurgiens-dentistes étaient les deuxièmes prescripteurs d’antibiotiques en ville, derrière les médecins généralistes. Ce chiffre doit nous interpeller. C’est dans ce contexte que la Haute Autorité de Santé (HAS) a adopté de nouvelles recommandations sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire. Ce numéro s’ouvre sur la fiche de synthèse que leur consacre le Professeur Hélène Rangé pour la parodontologie et l’implantologie. Nous vous invitons à la garder à portée de main au fauteuil.

Le message central est simple : l’antibiotique ne remplace jamais le geste local. La gingivite, la parodontite dans le cas général, la mucosite péri-implantaire et les poches résiduelles ne justifient pas d’antibiothérapie systématique. Même la péri-implantite et l’abcès parodontal n’en relèvent qu’en présence de signes d’extension, d’un terrain à risque ou si le geste local est irréalisable. L’antibiothérapie locale n’est plus recommandée. Lorsqu’un antibiotique est indiqué, la prescription est courte, trois jours, et réévaluée à trois jours. Elle est délivrée à l’unité par le pharmacien. L’association amoxicilline-métronidazole reste réservée, après instrumentation sous-gingivale, à certaines parodontites de stade III/IV répondant à des critères précis.

L’antibioprophylaxie est elle aussi largement redéfinie. Tout repose désormais sur une classification initiale du patient : population générale, risque infectieux augmenté ou haut risque d’ostéonécrose. Chez le patient de la population générale, elle n’est plus recommandée pour le détartrage, l’instrumentation sous-gingivale, la chirurgie parodontale, la chirurgie plastique ou régénératrice, ni pour la pose d’implant en routine. Elle reste indiquée pour les greffes osseuses et les élévations sinusiennes. Ces deux situations sont justement illustrées dans ce numéro :

- une reconstruction verticale du maxillaire antérieur par grille titane personnalisée, sans os autogène, par les Docteurs Allouch et Antoun ;

- un comblement sinusien par voie latérale avec implantation simultanée, par le Docteur Sala Gracia et coll. Ces recommandations bousculent des habitudes solidement ancrées. Beaucoup d’entre nous ont appris à « couvrir » une chirurgie parodontale ou une pose d’implant. Il faudra désormais justifier une prescription plutôt que son absence.

Le reste de ce numéro témoigne de la même exigence de rigueur :

- les Docteurs Hassid et Gardon-Mollard alertent sur un risque souvent méconnu chez les jeunes adultes : la récession gingivale linguale liée au piercing lingual ;

- le Professeur Dridi, les Docteurs Charbit et Bibby et le Professeur Aroca ouvrent, avec une première partie consacrée aux critères cliniques, une mise au point très attendue sur le choix entre lambeau avancé coronairement et technique du tunnel pour les récessions multiples ;

les Docteurs Crest, Antezack et Brincat et le Professeur Monnet-Corti font le point sur l’acide hyaluronique dans la régénération des défauts infra-osseux, adjuvant prometteur qui appelle encore des essais comparatifs face aux dérivés de la matrice amélaire.

Nos rubriques Rayons X et Derrière l’objectif complètent ce sommaire.

Enfin, L’Œil du CNEP rapporte une enquête nationale menée auprès des étudiants de sixième année. Seuls 36 % d’entre eux se déclarent satisfaits de leur formation initiale. Cela rappelle que l’apprentissage ne s’arrête pas au diplôme.

S’approprier des recommandations nouvelles, c’est précisément l’enjeu de la formation continue.

Moins d’antibiotiques, ce n’est pas moins de soins : c’est un meilleur diagnostic, un geste local mieux conduit et un patient mieux évalué. À nous de faire de ces recommandations un réflexe partagé.

Bonne lecture à toutes et à tous !

Voir plus

Éditorial
par Olivier Huck et Virginie Monnet-Corti

Actualités : nouvelles recommandations
 par Hélène Rangé

Cas clinique parodontologie

Risque de récession gingivale linguale associé au piercing lingual : Revue et cas cliniques
par Jacques Hassid, Guillaume Gardon-Mollard

Cas clinique implantologie

Reconstruction osseuse verticale par grille titane personnalisée sans os autogène au maxillaire antérieur : gestion des tissus mous et stabilité esthétique à trois ans
par Victor Allouch, Hadi Antoun

Comblement sinusien par voie latérale et implantation simultanée : à propos d’un cas clinique
par Alvaro Sala Gracia, Malika Ibn-Khaya, Gaël Millot, Ihsène Taihi, Olivier Fromentin

Rayons X

par Yves Ponchet, Carole Charavet

Derrière l’objectif

par Thierry Degorce

Mise au point Parodontologie

Recouvrement des récessions gingivales vestibulaires multiples : lambeau avancé coronairement ou technique du tunnel ?
Le point sur la prise de décision – Première partie

par Sophie-Myriam Dridi, Mathieu Charbit, Léa Bibby, Sofia Aroca

Acide hyaluronique et régénération des défauts infra-osseux : revue narrative et cas clinique
par Marion Crest, Angéline Antezack, Arthur Brincat, Virginie Monnet-Corti

L’Œil du CNEP

Perception de la formation continue en France
par les étudiants en 6e année d’odontologie

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