Sevrage tabagique et traitement parodontal : quelle place pour la cigarette électronique ?

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°34 - 6 octobre 2021 (page 22-27)
Information dentaire

Rubrique de la Société Française de Parodontologie et d’Implantologie Orale

La version actuelle de la cigarette électronique a été inventée en 2003 en Chine par un pharmacien du nom de Hon Lik et introduite sur le marché chinois l’année suivante. Son arrivée en France ne s’est faite que quelques années plus tard, en 2009. Depuis sa création, différentes générations de cigarette électronique se sont succédé et ont connu un engouement tout particulier ces dernières années. Malheureusement, le manque de réponse des praticiensface aux nombreuses questions des patients sur ce nouveau dispositif souligne le défaut de formation et d’information à ce sujet.

L’une des questions principales pour le clinicien est de savoir dans quelle mesure la cigarette électronique peut être recommandée comme alternative au tabagisme classique, dans le cadre d’une prise en charge parodontale ou en chirurgie orale où les effets néfastes du tabac sont bien établis.

Le tabagisme est un facteur de risque majeur pour les maladies parodontales [1]. Le rôle de la nicotine dans la pathogenèse de ces maladies est bien connu, mais celui des autres composants de la cigarette reste à ce jour peu clair. Le tabagisme est également associé à des retards de cicatrisation après traitements chirurgicaux.

L’objectif de cet article est d’évaluer les effets de la cigarette électronique sur les maladies parodontales, en comparaison avec le tabac classique.

Qu’est-ce que la cigarette électronique ?

La cigarette électronique (fig. 1) fait partie des Electronic Nicotine Delivery Systems (ENDS, dispositifs électroniques de délivrance de nicotine) et est présentée comme moins néfaste que la cigarette classique, bien que la composition des liquides pour cigarette électronique reste à ce jour mal connue et peu transparente. Il est important de noter que ces liquides existent sous différentes formes, avec ou sans nicotine.

Quelques chiffres en France

L’arrivée de la cigarette électronique sur le marché français en 2009 s’est accompagnée d’une rapide envolée des ventes. Ainsi, pas moins de 300 boutiques spécialisées étaient dénombrées dans le pays à la fin de l’année 2013 [2]. D’après un rapport d’expert [2] et une étude parue en 2014 [3] :

  • 31 % des utilisateurs d’e-cigarette déclaraient fumer également plus de 10 cigarettes par jour ;
  • 1,2 à 1,5 million d’individus l’utilisait quotidiennement ;
  • 400 000 individus étaient des utilisateurs exclusifs de cigarette électronique.

Les liquides pour cigarette électronique

La composition des liquides pour cigarette électronique reste à ce jour mal connue et peu transparente. Les liquides (fig. 2) sont composés principalement de :

  • nicotine : alcaloïde issu du tabac, responsable des propriétés addictives de la cigarette ;
  • propylène glycol : agent humectant impliqué dans la production de fumée et exhausteur d’arôme ;
  • glycérol : agent humectant similaire au propylène glycol, mais produisant beaucoup plus de fumée ;
  • arômes : naturels ou artificiels, ils procurent une sensation olfactive agréable lors de l’utilisation de la cigarette électronique.

En France, il existe quatre catégories de dosages en nicotine pour les recharges de liquides pour cigarette électronique (1 flacon = 10 ml) : 3-6 mg/ml ; 7-12 mg/ml ; 13-17 mg/ml et 18-20 mg/ml.

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