Thérapeutiques adjuvantes et innovantes dans le traitement parodontal non chirurgical

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  • Publié le . Paru dans Parodontologie Implantologie Orale, un nouveau regard n°2 - 15 mai 2022 (page 50-61)
Information dentaire

Cet article propose une revue narrative permettant de lister et discuter les thérapeutiques adjuvantes existantes dans le traitement parodontal non chirurgical et de présenter un aperçu de certaines approches innovantes et futures.

La parodontite est un problème majeur de santé publique, qui peut avoir des conséquences locales et systémiques ayant un impact sur l’état de santé général et la qualité de vie du patient.

Bien que la compréhension de la pathogénie et des mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans la parodontite ait progressé, le débridement non chirurgical reste la clé de voûte de tout traitement parodontal actif et de soutien. Bien qu’efficace, la désorganisation du biofilm sous-gingival a des limites et peut être améliorée par des thérapeutiques adjuvantes telles que l’aéropolissage, le laser, la thérapie photodynamique ainsi que l’utilisation d’antiseptiques et d’antibiotiques. Malheureusement, l’absence de recommandations cliniques claires concernant ces thérapeutiques persiste, soulignant la nécessité d’études cliniques plus standardisées. Enfin, aujourd’hui, des approches innovantes mécaniques, chimiques, biologiques, microbiologiques se développent. L’intérêt de ces approches est d’adapter les traitements au patient et non l’inverse faisant de la médecine parodontale une médecine personnalisée, centrée sur le patient.

Periodontitis is a major public health problem, that can have local and systemic consequences that have an impact on patient’s overall general health and quality of life. Periodontal treatments include a large range of techniques and concepts from plaque control to periodontal debridement, surgery and regeneration. Although understanding of the pathogenesis and molecular and cellular mechanisms involved in periodontitis has increased, non-surgical debridement remains the keystone of every active and supportive periodontal treatment. Although effective, subgingival biofilm disruption has limitations and can be improved by adjuvant therapies such as air polishing, laser, photodynamic therapy, and the use of antiseptics and antibiotics. Unfortunately, the lack of clear clinical recommendations for these therapies persists, highlighting the need for more standardized clinical studies. Finally, today, innovative mechanical, chemical, biological and microbiological approaches are being developed. The aim of these approaches is to adapt treatments to the patient and not the other way around, making periodontal medicine a personalized patient-centered medicine.

La maladie parodontale est considérée comme la sixième maladie inflammatoire chronique la plus répandue chez l’Homme. La parodontite résulte d’un déséquilibre entre la résistance de l’hôte et un environnement constitué d’un microbiote oral dysbiotique. Ce déséquilibre déclenche une chaîne de réponses immunitaires conduisant à une destruction progressive, plus ou moins sévère mais irréversible des tissus parodontaux conduisant, in fine, à la perte des dents. La parodontite est un problème majeur de santé publique en raison de sa prévalence élevée allant de 11,2 % à 50 % selon sa sévérité [1, 2].

Le traitement parodontal vise à stabiliser le niveau d’attache clinique, à limiter la perte des dents et à améliorer la qualité de vie liée à la santé bucco-dentaire [3]. Le contrôle de la charge bactérienne et la réduction des facteurs de risque parodontaux locaux, systémiques ou environnementaux, reposent essentiellement sur l’hygiène bucco-dentaire (HBD) quotidienne du patient et la prise en charge des facteurs de risque [4, 5]. En effet, une HBD insuffisante combinée à des facteurs de risque parodontaux non contrôlés est associée à l’échec du traitement et à la rechute de la maladie [6, 7].

Le concept de traitement parodontal non chirurgical (TPNC) a émergé dans les années 80. Il consiste à éliminer la plaque sous-gingivale et les dépôts calcifiés et son objectif est de rendre la surface radiculaire biologiquement compatible pour favoriser la cicatrisation parodontale [8]. On considérait initialement que l’élimination complète du cément radiculaire contaminé et le remodelage de la surface radiculaire étaient nécessaires pour traiter la parodontite. L’évolution des connaissances scientifiques sur la cicatrisation parodontale a fait évoluer cette approche vers une approche plus conservatrice et le terme de surfaçage radiculaire a été progressivement remplacé par celui de débridement…

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