L'Information Dentaire n°8 - 26 février 2020

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UGS : ID A02008 Catégorie :
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Description

Éditorial
Le sens des mots – Lire ci-dessous
Michel Bartala

Actualités

Revue de presse

Mort de Sigmund Freud : vraiment un cancer ? I Lire
Société Française de Chirurgie Oral

Philippe Léonard

Actualité hebdo
Nicolas Fontenelle

Se former

Prothèse

Utilisation d’un scanner intra-oral et d’un processus digital
pour la réalisation d’une PAP I Lire

Nathalie Robert, Marc Lamy

Application clinique

3 erreurs à éviter pour débuter en stratification… et leurs solutions I Lire
Pierre Layan

Implantologie

Implants courts vs implants standard placés sur une mandibule atrophique après augmentation osseuse.
Revue systématique de littérature I Lire

Augustin Sawadogo, Binta Cissé, Patrice Guiguemde, Muller Pesson, Babacar Mbodj, Benjamin Djeredou, Bruno Ella

Exercice pro

Fiscalité I Prime exceptionnelle et pouvoir d’achat : de nouvelles conditions en 2020
Bernard Fabrega


Edito

Le sens des mots

J’ai parfois la sensation que si le temps qui passe use certaines de mes capacités, il a un effet inverse sur ma sensibilité auditive. Pas vraiment en termes de décibels – même si je deviens plus sensible aux cris et autres bruits d’engins à moteurs pétaradants –, mais surtout en termes de vocabulaire.
Le langage doit savoir s’adapter aux circonstances. Ainsi, je trouve perturbant d’entendre des journalistes, au détour d’un reportage ou d’une interview, ou une secrétaire médicale, à l’occasion d’un échange téléphonique, nous abreuver du « ouais » de tous les jours. Je milite pour le bon terme, dans la bonne situation et à bon escient. Pas toujours aisé, car nul ne peut maîtriser l’ensemble du vocabulaire, et c’est d’ailleurs un plaisir de découvrir de nouveaux mots au cours d’une discussion, d’une conférence, d’une lecture. Ainsi, dans les actualités de ce numéro, en lisant celle consacrée à nos retraites, j’ai découvert le mot « actuaire ».

Ma première réaction a été de penser à une erreur d’écriture, de frappe ou de rédaction : « Ils voulaient écrire “acteur” », me suis-je dit. Mais un rapide plongeon dans le dictionnaire m’a vite fait prendre un peu plus conscience de mes lacunes. Il en est de même dans le langage professionnel. Nos consœurs et confrères de parodontologie ont ainsi modifié la dénomination de l’espace biologique en attache supra crestale, et utilisent le terme de phénotype plutôt que de biotype parodontal. Rechercher le bon mot pour exprimer au mieux un état, un objet, une situation. Ainsi, si nous pouvions un jour ne plus entendre ou lire qu’il convient de réaliser « une rétraction pour enregistrer la taille sous-gingivale ». Dans cette phrase, que de pathologies induites pour un acte thérapeutique. La rétraction est en fait une déflexion ou une technique d’accès au sulcus, la taille (terme d’une grande violence médicale) est une préparation (terme qui initie un acte réparateur) et quand cette préparation est sous-gingivale, elle a franchi l’attache supra crestale de nos amis parodontologistes. Essayons alors de « réaliser une technique d’accès au sulcus par déflexion après une préparation intrasulculaire ».

Certains voient là un excès de rigueur désuet, inutile. Il s’agit juste d’une volonté de précision, pour faciliter la communication. Le discours médical nécessite la précision d’expression. Les propos volontairement « populaires » dans un but de soi-disant vulgarisation n’induisent pas une meilleure compréhension entre professionnels. Les mots justes, eux, donnent un sens à l’échange.

Michel Bartala
Rédacteur en chef