Démographie : les chirurgiens-dentistes, une profession qui rajeunit, se féminise et se « salarise »

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°14 - 7 avril 2021
Information dentaire

La Drees, service statistiques du ministère de la Santé, a publié le 26 mars une synthèse de la démographie des professions de santé et notamment des chirurgiens-dentistes. Elle s’est intéressée particulièrement à la période 2012-2020.

Effectifs en hausse

Au 1er janvier 2021, notre pays compte 42 031 chirurgiens-dentistes en activité, C’était 40 000 en 2012, soit une augmentation de 4,8 % sur 9 ans. Une croissance concentrée pour près de la moitié sur les deux dernières années, sous l’effet de deux phénomènes. D’abord l’accroissement sensible du numerus clausus en 2012 (+ 100 places) qui a entrainé mécaniquement un afflux de diplômés sur le « marché ».

Ensuite l’arrivée sur le territoire national de praticiens français ou européens diplômés dans d’autres pays d’Europe. « Le nombre de chirurgiens-dentistes français en exercice, diplômés hors de France mais en Europe, a explosé entre 2012 et 2021, passant de près de 350 à quasiment 2 000, soit une multiplication par près de 6 », indique la Drees. Quant aux praticiens de nationalité étrangère détenant un diplôme européen : ils sont aujourd’hui plus de 3 300, soit pratiquement 5 fois plus qu’en 2012.

Au total : les dentistes avec un diplôme obtenu à l’étranger sont près de 14 % en 2021, soit près d’un sur six (4 % en 2012). En Europe, les lieux de formations de ces diplômés nouvellement inscrits sont très concentrés : 40 % d’entre eux ont obtenu leur diplôme en Espagne, pratiquement 30 % en Roumanie et 20 % au Portugal.

Une profession qui rajeunit et se féminise

L’âge moyen des praticiens a diminué de 2,4 ans depuis 2012 pour atteindre 45,8 ans de moyenne d’âge aujourd’hui. Et alors que les femmes représentaient en 2012 à peine 40 % des effectifs elles sont près de la moitié désormais (48 %). « Majoritairement masculines, les générations les plus nombreuses en 2012 ont pour une large partie pris leur retraite aujourd’hui et ont été remplacées par des promotions plus équilibrées en termes de genre, puis majoritairement féminines », explique la Drees. Ainsi, en 2021, les dentistes de 50 ans ou plus sont majoritairement des hommes, mais 50 % des dentistes âgés de 45 à 49 ans sont des femmes, et la féminisation atteint près de 55 % pour les 30 à 34 ans.

Forte hausse du salariat, notamment en centres de santé

Près de 80 % des chirurgiens-dentistes exercent une activité exclusivement libérale. Mais depuis 2012, l’exercice libéral s’accompagne plus souvent d’une activité salariée : si en 2012, un peu plus de 1 700 praticiens, soit 4 % des effectifs totaux, avaient un exercice mixte, ils sont aujourd’hui plus de 2 800, soit 7 %. « Les jeunes sont les plus nombreux à faire ce choix de mode d’exercice : 12 % des chirurgiens-dentistes ayant une activité mixte ont moins de 30 ans et 42 % ont moins de 40 ans. Inversement, 45 % de ceux ayant une activité exclusivement libérale ont plus de 50 ans », détaille la Drees.

L’exercice en tant que salariés dans des établissements non hospitaliers : concerne désormais 13 % des confrères et consoeurs contre 8 % en 2012. Plus de 8 sur 10 (83 %) exercent en centre de santé. Depuis 2012, leur nombre dans ces centres a plus que doublé passant d’un peu plus de 3 500 à près de 7 600 en 2021. La pratique hospitalière exclusive est très minoritaire : à peine plus de 2 %. « Compte tenu de la plus forte féminisation des jeunes générations, la répartition entre les modes d’exercice est également marquée selon le genre : alors que 61 % des chirurgiens-dentistes exclusivement salariés sont des femmes, les chirurgiens-dentistes exerçant exclusivement en libéral sont à 54 % des hommes », souligne la Drees.

L’héliotropisme toujours

De 2012 à 2021 : rien a changé en termes de répartition géographique des chirurgiens-dentistes. Leur densité est plus importante dans la moitié sud de la France (à l’exception de la Corse), où elle dépasse 70 chirurgiens-dentistes pour 100 000 habitants. Elle est ainsi particulièrement élevée par exemple en PACA (86 pour 100 000).

Dans la moitié nord, les confrères et consoeurs se concentrent en Île-de-France, en Bretagne et dans l’Est (Alsace et Lorraine). Inversement, les régions situées autour du bassin parisien sont particulièrement peu dotées. « C’est surtout le cas en Normandie et en Picardie où la densité ne dépasse pas 41 pour 100 000 habitants, soit une densité inférieure de plus de 30 % à la moyenne nationale », indique la Drees.

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