Objectif. Cette étude visait à comparer l’épaisseur linguale entre les classes dentaires I, II et III d’Angle.
Matériels et Méthodes. Quatre-vingt-dix participants (54 femmes et 36 hommes ; âge moyen : 16,01 ± 2,26 ans) ont été inclus et répartis en trois groupes selon la classification d’Angle : classe I, classe II et classe III.
Les mesures de l’épaisseur de la langue ont été obtenues à partir de radiographies céphalométriques latérales, sous forme d’épaisseur linguale céphalométrique (CTT), et par échographie, sous forme d’épaisseur linguale échographique (UTT). La fiabilité intra-observateur a été évaluée à l’aide de la formule de Dahlberg et de l’alpha de Cronbach.
Résultats. L’épaisseur de la langue différait significativement entre les groupes de malocclusion dentaire : classe III > classe I > classe II ; p < 0,001. Pour l’UTT, les valeurs moyennes ± écart-type étaient de 35,97 ± 2,6 mm pour la classe I, 35,18 ± 2,2 mm pour la classe II et 40,81 ± 1,9 mm pour la classe III. Pour la CTT, les valeurs moyennes ± écart-type étaient de 34,97 ± 4,6 mm pour la classe I, 31,63 ± 3,1 mm pour la classe II et 39,06 ± 3,4 mm pour la classe III. L’UTT présentait une précision plus élevée et une variabilité plus faible que la CTT – différence absolue moyenne : 0,32 mm contre 0,75 mm ; p = 0,002. Les hommes présentaient une épaisseur linguale significativement plus importante que les femmes (p < 0,05). Les corrélations entre la CTT et l’UTT au sein des groupes de malocclusion étaient positives, mais non significatives.
Conclusion. L’épaisseur de la langue est significativement associée à la malocclusion dentaire dans la dimension antéro-postérieure. L’intégration de l’évaluation échographique de la langue dans la planification orthodontique pourrait faciliter des stratégies thérapeutiques individualisées et améliorer la prévisibilité des résultats cliniques.