Cette fois, ce n’est plus seulement le Conseil des chirurgiens-dentistes européens qui réclame la standardisation de la formation initiale en Europe mais pas moins de six organisations représentatives européennes du secteur dentaire dont l’ADEE, ou la FEDCAR (lire encadré ci-dessous).
Dans une déclaration commune publiée le 13 avril, elles appellent la Commission européenne et les États membres à moderniser et harmoniser les standards de formation initiale en odontologie, jugés inadaptés aux évolutions scientifiques, cliniques et professionnelles.
Chaque année, environ 14 000 chirurgiens‑dentistes bénéficient du mécanisme de reconnaissance automatique des diplômes, facilitant la mobilité professionnelle dans l’Union européenne. Or, soulignent les signataires, « l’enseignement dentaire reste très fragmenté et hétérogène selon les pays », tandis que les exigences minimales de formation clinique prévues par le droit européen « n’ont pas été révisées depuis 1978 ».
Cette situation est jugée d’autant plus problématique que la profession figure parmi les plus mobiles en Europe. Selon une étude réalisée en 2024 par l’Association européenne des étudiants en odontologie (EDSA), un peu plus de 66 % des étudiants en odontologie déclaraient envisager d’exercer dans un autre pays de l’Union. Il existe désormais un décalage croissant entre la reconnaissance automatique des diplômes et l’absence d’harmonisation réelle des compétences acquises, s’inquiètent les signataires du texte.
Formation continue pour tous
Ils appellent à un renforcement des moyens humains et financiers consacrés à la formation, afin d’améliorer les ratios d’encadrement clinique et la qualité des infrastructures pédagogiques. Ils proposent également l’introduction d’un « portfolio électronique européen », recensant les compétences théoriques et pratiques acquises par les étudiants, afin de permettre un suivi homogène des parcours.
La déclaration recommande par ailleurs de préciser la répartition entre enseignements théoriques et cliniques, dans le cadre des 5 000 heures minimales de formation, d’introduire une liste harmonisée de champs de pratique clinique, de « renforcer les exigences minimales de formation pratique et les modalités d’évaluation » et d’étendre certaines obligations de formation continue « à tous les praticiens, quel que soit leur pays d’obtention du diplôme ».
Enfin, le texte plaide pour la création d’un « système européen d’accréditation des formations dentaires » et pour une application systématique du mécanisme d’alerte européen en cas de sanctions professionnelles ou de diplômes frauduleux. Selon les signataires, ces mesures sont indispensables pour concilier mobilité, qualité des soins et sécurité des patients.
– Association européenne pour l’enseignement dentaire (ADEE)
- Conseil des chirurgiens‑dentistes européens (CED)
- Conseil européen des responsables nationaux de l’odontologie (CECDO)
– Association européenne des étudiants en odontologie (EDSA)
– Organisation régionale européenne de la Fédération dentaire internationale (FDI‑ERO)
– Fédération européenne des autorités compétentes et organismes de régulation dentaire (FEDCAR)
Commentaires