Grenelle de la santé bucco-dentaire : mettre fin au « dentiste bashing », penser l’avenir

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Information dentaire

Centres dentaires low-cost « vendeurs de soins » masqués par le statut « sans but lucratif » de la loi de 1901 et concurrents injustes s’affichant en pleine rue, promotion dans la presse du tourisme dentaire, mise en accusation permanente sur des tarifs de prothèse prohibitifs, inflation sans fin des normes et des contraintes administratives pesant sur le cabinet, mise à bas de la formation continue, étatisation de la santé, tiers payant généralisé, accusations récurrentes d’empoisonnement par les amalgames, établissements privés d’enseignement illégaux mais toujours en activité…

En ouvrant la séance plénière du Grenelle de la santé bucco-dentaire le 28 janvier en début d’après-midi, le président de l’ordre des chirurgiens-dentistes, Gilbert Bouteille, a égrainé longuement les maux qui hantent depuis de longs mois l’esprit des praticiens et minent leur vie professionnelle. « Nous voulons aujourd’hui mettre un terme à ce « dentiste bashing », a-t-il lancé. Mais il ne suffit pas de dire. Nous devons formuler des propositions concrètes pour changer les choses. C’est l’esprit de ce Grenelle ».

Au cours de la matinée, cinq groupes de travail où siégeaient des représentants des syndicats, des pouvoirs publics, de l’assurance maladie, de l’ordre, des universités, des étudiants, des prothésistes, bref de toutes les composantes de la profession au sens large, ont planché chacun sur une grande thématique : formation universitaire, démographie, prévention, cabinet du futur et financement. Au cours l’après-midi, un représentant de chacun de ces groupes à livrer la synthèse de leurs débats et les propositions qui en découlent pour l’avenir de la profession. Evidemment, impossible pour eux d’être exhaustifs.

Voici l’essentiel des propositions exposées lors de cette journée :


Financement et accès à la santé bucco-dentaire

L’ensemble des participants, unanimes, y compris les financeurs présents, assurance maladie et organismes complémentaires (manquaient les pouvoirs publics), concluent au « changement de paradigme nécessaire ». Le système est à bout de souffle. L’équilibre financier des cabinets dentaires, reposant sur des tarifs de prothèse significatifs compensant des tarifs de soins indécents, n’est plus tenable. Vers quel modèle se tourner alors ? Pas de proposition sur ce point. Mais ce sera l’objet des prochaines négociations conventionnelles.

– Amplifier le financement de la prévention en prenant en charge de nouveaux actes comme des tests salivaires.

– Réfléchir à l’amélioration du suivi du patient notamment au-delà de 18 ans (consultations spécifiques).

– Mieux valoriser les soins précoces et conservateurs, les praticiens garantissant la qualité de soins.

– Réorienter la pratique sur les soins prothétiques et travailler à la fois sur leur niveau de prix et leur prise en charge.

– Réfléchir à la responsabilisation financière des patients (bonus / malus).


Formation initiale

– Aller vers une plus grande « médicalisation » de la formation, développer la recherche fondamentale en multipliant les postes de praticiens hospitaliers ;

– Renforcer les partenariats entre l’Université et les praticiens pour favoriser la formation « en alternance » ;

– Introduire la notion d’équipe médicale dès la formation initiale incluant les nouvelles compétences des assistantes dentaires (qu’il reste à définir après leur entrée au Code de la santé) ;

– Clarifier les relations chirurgiens-dentistes / prothésistes parfois mises à mal par les nouvelles technologies.


Démographie

– Adaptation de la démographie en fonction des besoins réels des territoires, le numerus clausus au niveau national ne pouvant répondre à tous les besoins ;

– Création d’une année de tutorat post formation dans les zones sous dotées, une « année civique » ;

– Renforcer le contrôle du niveau de formation des praticiens à diplôme étranger, revoir le « minimum décent » nécessaire.


Prévention

– Sortir du curatif pour aller vers la médecine orale en 6 P : préventif, prédictif, participatif, personnalisé, de preuve, de plaisir ;

– Favoriser la transversalité dans les programmes de formation de la filière santé (médecins, sages-femmes,…) pour permettre une prise en charge globale incluant le chirurgien-dentiste ;

– Créer de nouveaux métiers (éducateur / animateur) en santé orale en lien avec les réseaux de soin, renforcer les messages de prévention.


Cabinet du futur

– Accompagner les praticiens dans la révolution numérique, y compris dans la formation initiale, pour leur permettre d’aller vers un cabinet de groupe, connecté mais toujours ouvert sur l’humain ;

– Favoriser une organisation en réseau avec les patients, les autres professionnels de santé et l’hôpital. Aller vers une démarche qualité puis une certification des cabinets.

L’ensemble des propositions des groupes de travail fera l’objet d’un « Livre Blanc » publié dans quelques semaines.

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