Indications d’avulsion des dents de sagesse. Quels risques ? Quelles responsabilités ?

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°6 - 18 février 2026 (page 34-37)
Information dentaire
Sous l’égide de l’Association Française d’Identification Odontologique (AFIO)* Compte tenu de sa prévalence, l’avulsion des troisièmes molaires représente à la fois un enjeu financier pour l’assurance maladie et les complémentaires de santé qui peuvent prendre en charge les honoraires libres des spécialistes, et un enjeu médical et médico-légal en raison des risques spécifiques liés à l’acte chirurgical. En effet, en sus des complications classiques inhérentes à toute extraction (hémorragie peropératoire ou postopératoire, dommage de la dent adjacente, plaies, fracture d’un instrument, apex laissé, algies, alvéolite, inflammation, infection…), il existe des risques plus spécifiques (fracture de l’angle mandibulaire, atteinte neurologique transitoire ou permanente du nerf mandibulaire ou lingual).

L’extraction des troisièmes molaires est un acte extrêmement courant ; des statistiques portant sur l’année 2013 ont mis en évidence l’extraction de 917 878 dents de sagesse au cours de 400 812 séances (tableau 1).

Il peut être réalisé par un chirurgien-dentiste, un stomatologue, un chirurgien oral ou un chirurgien maxillo-facial et peut avoir lieu en cabinet dentaire ou en établissement de soins, sous anesthésie locale, neuroleptanalgésie ou anesthésie générale.

Le rapport annuel de la MACSF sur le risque des professionnels de santé en 2024 fait état de 1 869 déclarations de sinistres dont 29 complications liées aux extractions (2 atteintes au niveau du nerf lingual) (fig. 1).

Le cadre médico-légal

Un besoin de clarification

En 2014, la Haute autorité de santé (HAS) avait rédigé un rapport [1] dont le titre, peu équivoque, indiquait qu’il fallait cadrer les indications d’extraction des dents de sagesse.

C’est ce que fit la HAS quelques années plus tard en publiant en 2019 des recommandations très exhaustives allant de l’indication aux conseils pré, per et post-opératoires jusqu’à la technique opératoire.

Ce travail particulièrement clair et précis constitue un véritable guide clinique pour le praticien qui doit s’y référer, et s’impose à lui comme référentiel de bonnes pratiques et des données acquises de la science. Ce sont ces recommandations qui constitueront un élément fondamental permettant à l’expert d’apprécier s’il y a eu un manquement (en expertise, on ne parle pas de faute qui est un terme juridique réservé aux magistrats).

Les recommandations de la HAS

Trois documents sont disponibles sur le site de la HAS : la synthèse des recommandations [2] (4 pages), le texte des recommandations [3] (17 pages) et l’argumentaire scientifique [4] (77 pages). Le texte des recommandations est à lire absolument, car…

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