Intervention du Dr Raphaël Daubet, sénateur du Lot
Le Dr Raphaël Daubet, chirurgien-dentiste et sénateur, était invité à venir s’exprimer sur le sujet de l’assistant(e) dentaire de niveau 2 (lire notre interview p 16). Il est en effet à l’origine de la proposition de loi sur la création de la profession « d’assistant en santé bucco-dentaire », visant à élargir la capacité professionnelle des assistant(e)s et à libérer du temps médical pour les praticiens. Beaucoup de points resteront à éclaircir, mais globalement, les nouvelles tâches ouvertes aux assistant(e)s comprendront : la prophylaxie, les scellements de sillons, la réalisation de gouttières, l’imagerie radiographique…
Leur emploi sera toujours sous la responsabilité d’un chirurgien-dentiste, mais nouveauté, des actions de prévention et de prophylaxie pourront être effectuées en dehors du cabinet : écoles, établissements spécialisés, Ehpad… Le niveau de formation sera Bac+2, soit un niveau de compétence 5. Reste aussi à faire reconnaître ce diplôme dans la fonction publique, et en particulier à l’hôpital, où ce type d’emploi n’existe pas en tant que tel. Quant à savoir qui rémunérera l’assistant(e) en mission à l’extérieur du cabinet… Peut-être par une convention entre la structure d’emploi et le praticien, qui devra dégager du temps libre pour ces missions. Acceptera-t-il de travailler seul pendant ce temps-là ?
Le processus législatif n’en est qu’à ses débuts, car si le texte a été voté à l’unanimité par le Sénat, il reste à trouver un député pour le défendre à l’Assemblée nationale. Les décrets d’application viendront ensuite afin de pouvoir certifier les organismes, la durée et le contenu de la formation. La gestation de ce projet sera donc sûrement encore très longue et le premier diplôme n’est pas près d’être délivré.
Éric Bonte
Greffe sinusienne : protocole et rôle de l’assistant(e) dentaire
L’équipe dentaire que nous avons eu l’avantage d’écouter lors de cette journée exerce à Ajaccio, en Corse : Laura Constantini, chirurgien-dentiste, et Irène Cecarelli, assistante dentaire. L’orientation clinique du cabinet est axée sur la chirurgie et l’implantologie, ce qui implique une forte symbiose entre la praticienne et l’assistante, qui fera prochainement valoir ses droits à la retraite au grand désespoir de sa titulaire. C’est dire toute l’expérience qu’Irène a pu faire partager à l’assemblée, venue nombreuse suivre cette conférence. La greffe sinusienne est une technique d’implantologie permettant de recréer un volume osseux suffisant au maxillaire postérieur. Elle repose sur un protocole précis et une asepsie rigoureuse. La technique présentée est une greffe sinusienne par voie latérale, réalisée au niveau de la paroi vestibulaire du sinus maxillaire. L’iconographie de qualité a permis d’illustrer les temps per et postopératoires de l’intervention. Le rôle de l’assistante est double :
- Administratif et réglementaire en amont et en aval de l’intervention : questionnaire médical, archivage des éléments médicaux et radiographiques dans le dossier patient, gestion des fournitures et de l’accastillage, suivi post-chirurgical au téléphone, stérilisation…
- En peropératoire : anticipation des besoins du praticien, aide opératoire, respect de l’asepsie tout au long de l’intervention.
Irène a mis en avant quelques points clés pour la réussite de l’intervention :
- Placer dans la boîte de chirurgie plusieurs types de canules d’aspiration en fonction du temps opératoire. Une fois l’accès au sinus réalisé, une étape délicate consiste à soulever la membrane sinusienne avec précaution afin de pouvoir insérer le matériau de comblement. Il est impératif alors de mettre en œuvre une aspiration douce pour ne pas déchirer cette membrane.
- Prévoir une partie de l’instrumentation en double sachet, éventuellement utilisée en seconde intention.
- La manipulation des écarteurs en bouche a été clairement illustrée entre dégagement du champ de vision et respect des tissus mous. Ici aussi, le type d’écarteur sera choisi en fonction du temps opératoire.
- Enfin, une attention particulière sera portée au compte rendu opératoire (envoi au patient et archivage dans le dossier patient) et à la traçabilité.
En conclusion, le respect des protocoles en amont, pendant et après l’intervention sera un gage de sécurité et de succès pour l’équipe dentaire et le patient.
E.B.
De l’aromathérapie aux Invalides
Les finalistes des prix Jnad et Roland Zeitoun ont présenté le fruit de leurs réflexions lors de cette nouvelle édition de la Jnad. Magdalena Sassi, assistante dentaire à l’Institution Nationale des Invalides (INI), a ainsi participé sur le thème du «rôle essentiel de l’assistant dentaire en implantologie» avec un focus sur un défi clinique : la forte prévalence du stress post-traumatique chez les patients qu’elle reçoit, blessés de guerre, victimes d’attentats et grands handicapés. « Nous parlons trop peu de l’environnement humain, qui conditionne la réussite de l’acte. Le confort est la base de la sécurité opératoire », a souligné Magdalena.
L’assistante dentaire a présenté des sticks olfactifs destinés à lutter contre ce stress et les a fait circuler parmi l’assemblée, schéma à l’appui pour expliquer le trajet des molécules jusqu’au bulbe olfactif et l’amygdale. Une fois l’odeur choisie par le patient, un véritable protocole est mis en place pour élaborer une « pochette anxiolytique », avec des lunettes olfactives à porter sous le nez pendant le soin. Un questionnaire d’auto-évaluation permet ensuite d’évaluer l’efficacité clinique.
Cette aromathérapie autour du fauteuil, par voie olfactive pour une sécurité maximale et une action ciblée sur l’état émotionnel, contribue à créer une atmosphère sereine, à diminuer la douleur du patient et à motiver sa coopération : « Technique et humanité ne s’opposent pas, elles se complètent. Gérer le stress n’est pas un détail », a conclu Magdalena.
Marie-Laetitia Sibille
Prophylaxie et prévention : indissociables chez Ultradent
Porté par Magali Liautard, l’atelier d’Ultradent avait pour thème « L’assistante dentaire au cœur du parcours prévention ». « Prévention », une notion intimement liée à celle de prophylaxie, cette dernière désignant « tous les soins apportés aux dents ou gencives pour prévenir l’apparition des maladies », a rappelé l’assistante dentaire. Durant l’atelier, les auditeurs ont pu suivre l’exemple fictif de Tom, 21 ans, sportif, se présentant au cabinet pour une douleur à une prémolaire. « Avant tout, on accueille, on met en confiance, on rassure, on crée un climat sécurisant », car « un patient détendu parle et nous donne les clés du diagnostic ». Et chacun a pu constater la place de l’assistante dans l’ensemble du parcours de soin. Pendant que Tom s’installe sur le fauteuil et qu’elle prépare un champ opératoire optimal, elle observe et questionne : boissons énergétiques ? Sensibilités au froid ? Grignotage ? Stress ? etc. « La prophylaxie, ce n’est pas traiter une lésion. C’est identifier les facteurs qui l’ont provoquée. » Magali Liautard a présenté des produits d’Ultradent utilisés tout au long du soin : écarteur de lèvres, joues et langue (un tout-en-un plus confortable), accessoires pour lampes à photopolymériser, révélateur de carie (en vert chez cet industriel, pour ne pas confondre avec le sang), composites caméléons qui s’adaptent à la teinte du patient et même lors de l’éclaircissement. « Lorsqu’on a de belles dents, ça incite à la prophylaxie », rappelle l’assistante.
La prévention continue à la maison pour le patient, qui signale ressentir une sensibilité juste après le soin. Il faut alors soulager, mais aussi comprendre : « On agit immédiatement avec un nitrate de potassium. Un patient soulagé est un patient confiant. » Puis un dentifrice pour dents sensibles est conseillé à Tom.
En conclusion, les trois piliers de la prophylaxie sont bien le praticien, l’assistante (et une bonne communication entre les deux) et le patient. Quand ces trois piliers sont impliqués, la prophylaxie est durable, motivante et valorisante.
M-L. S.





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