Formation initiale
Former davantage de chirurgiens-dentistes ne suffira pas à répondre aux défis des prochaines décennies. C’est le message central du livre blanc présenté au mois de juillet par l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD), qui appelle à une réforme d’ensemble du cursus pour préparer dès maintenant la profession au vieillissement de la population, à l’augmentation des maladies chroniques, à la complexification des prises en charge, aux difficultés persistantes d’accès aux soins dans certains territoires ou à l’arrivée croissante de praticiens diplômés à l’étranger.
« Former davantage sans garantir la qualité de la formation reviendrait à créer de nouvelles difficultés », résume en substance le syndicat étudiant.
L’une des critiques les plus fortes formulées par l’UNECD vise l’organisation actuelle des études. Selon les étudiants, le cursus demeure largement structuré autour de la validation d’actes cliniques et d’objectifs techniques. Or, l’exercice contemporain exigerait bien davantage qu’une maîtrise gestuelle, estiment-ils.
Le livre blanc propose donc de replacer le raisonnement clinique au cœur de la formation. Il préconise de réduire progressivement le poids des quotas d’actes dans l’évaluation des étudiants et de privilégier l’appréciation globale des compétences, du diagnostic, de l’élaboration des plans de traitement et de la prise en charge globale du patient.
Le document met également l’accent sur les disparités observées entre facultés. Volumes d’activité clinique, taux d’encadrement, équipements, accès aux stages ou encore ressources pédagogiques varient selon les sites malgré l’existence d’un diplôme national.
L’UNECD appelle donc à une harmonisation nationale des enseignements et des compétences attendues, alors que de nouveaux sites de formation se développent sur le territoire. Il faudrait pour cela « renforcer et pérenniser le financement des UFR d’odontologie et des départements d’odontologie des UFR de santé » mais aussi supprimer les frais pédagogiques restant à la charge des étudiants et transférer aux universités la prise en charge du matériel nécessaire aux enseignements obligatoires et aux stages hospitaliers.
Management et santé publique
Pour l’UNECD, la transformation de l’exercice impose d’élargir le contenu des études. Elle plaide pour davantage d’enseignements consacrés à l’intelligence artificielle, au numérique en santé, à l’évaluation critique des innovations, à la gestion de cabinet, au management, à l’entrepreneuriat, à l’exercice coordonné ou encore aux enjeux juridiques et éthiques. La prévention et la santé publique occupent aussi une place importante dans les propositions du syndicat.
Elles demeurent, selon le syndicat, trop marginales dans le cursus actuel et appelle à renforcer les enseignements relatifs aux inégalités sociales de santé, à la promotion de la santé et aux politiques publiques. Il propose la création d’une spécialité de santé publique en odontologie.
Le livre blanc consacre également un chapitre entier à la santé mentale des étudiants. S’appuyant sur sa dernière enquête Bien-être, l’UNECD rappelle que 56 % des étudiants présentent des signes d’anxiété et 47 % des symptômes dépressifs. Trois étudiants sur quatre estiment que leur état psychologique est directement lié aux études.
Charge de travail, pression académique, risque de redoublement et modalités d’évaluation apparaissent comme les principaux facteurs de souffrance. Les étudiants demandent notamment le développement de cellules d’écoute, un meilleur accompagnement psychologique et une réflexion sur l’organisation des évaluations.
Ce livre blanc et ses dizaines de propositions « n’ont pas vocation à constituer une fin, mais un point de départ », insiste l’UNECD. Il constitue une base de discussion destinée à alimenter les travaux avec les doyens, les organisations professionnelles, l’Ordre et les pouvoirs publics.
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