L’URPS dentistes met le big-data au service de la santé bucco-dentaire

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire
Connaissez-vous le big-data ? Pour faire simple, il s’agit de l’exploitation de données si nombreuses et massives (d’où le nom de big-data) qu’elles dépassent l’exploitation informatique classique et nécessitent la mise en place d’algorithmes spécifiques. L’URPS dentistes des Pays-de-la-Loire a décidé de mettre cette technologie au service de la santé bucco-dentaire. Une première. Elle a financé une étude sur le recours aux soins au cabinet dentaire des enfants et adolescents ligériens de 2012 à 2016 pour le comparer aux résultats nationaux. Étude menée par l’Observatoire régional de la santé (ORS) à partir de l’ensemble des données du Système national des données de santé (SNDS) et dévoilée le 28 novembre au congrès de l’ADF. Le SNDS regroupe les données de toutes les grandes bases médico-administratives françaises et notamment les données de l’assurance maladie : données médicales CMU/ALD, données sur les professionnels ayant prescrit et réalisé des soins, données issues des feuilles de soins, nature de la prestation remboursable avec codage détaillé, séjours en établissement, etc. Ces différentes informations peuvent être regroupées pour un même bénéficiaire, permettant une étude détaillée du parcours de soins, en ville et à l’hôpital.
Principal résultat : en 2016, 61 % des jeunes (de 6 à 18 ans) des Pays-de-la-Loire ont eu « au moins une prestation dentaire en cabinet de ville, au cours de l’année ». Une proportion supérieure à la moyenne nationale (56 %), mais qui reste en deçà des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) qui préconise un examen de contrôle annuel entre 6 et 18 ans. Avant 6 ans, 60 % des enfants ligériens n’ont eu aucune prestation dentaire. Le premier recours au cabinet dentaire se fait majoritairement à 6 ans par le biais de l’examen bucco-dentaire (EBD) prévu dans le cadre de « M’T dents ». Les taux de recours sont plus élevés entre 6 et 15 ans, notamment à 6 ans et 12 ans (respectivement 73 % et 76 %) et diminuent au-delà. L’intérêt de l’étude est aussi de mettre en lumière les disparités entre les départements qui composent la région. Ainsi, les enfants résidant en Loire-Atlantique ont des taux de recours au cabinet de ville supérieurs à ceux des autres départements, dans toutes les classes d’âge, tandis que ceux de la Vendée ont le taux de recours à l’EBD 6 ans le plus élevé. Enfin, l’enquête confirme que le recours aux soins dentaires est un marqueur des inégalités sociales de santé : 31 % des enfants ligériens bénéficiaires de la CMU-C ne sont jamais allés au cabinet dentaire avant 7 ans contre seulement 17 % des enfants non bénéficiaires. Idem pour les adolescents : parmi les 14 et 17 ans, 34 % n’ont eu aucune prestation de suivi bucco-dentaire contre 24 % des jeunes non bénéficiaires de la CMU-C.

À l’aune de ces résultats, l’URPS veut corriger le tir en faisant « entrer les enfants dans un véritable parcours de soins ». Une nouvelle étude utilisant la même méthode est envisagée pour faire le point sur le recours aux soins dentaires des personnes âgées.

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