Suivre un régime hypocalorique de courte durée permet une réduction de l’inflammation associée aux maladies parodontales, suggère une étude publiée le 10 juin dans le Journal of Clinical Periodontology.
Les chercheurs ont conduit un essai de six mois incluant 27 patients atteints de parodontite sévère de stade III et IV. Tous ont bénéficié d’un traitement standard comprenant les étapes 1 et 2 de la thérapie parodontale : instructions d’hygiène, gestion des facteurs de risque et instrumentation supra et sous-gingivale réalisée en une seule séance.
Puis deux groupes ont été constitués au hasard, l’un conservant un régime alimentaire habituel (groupe témoin), l’autre y ajoutant trois cures de cinq jours d’un « régime mimant le jeûne » (groupe test).
Ce protocole nutritionnel consiste en « un régime d’origine végétale conçu pour reproduire les effets du jeûne » tout en maintenant des apports contrôlés. Il prévoit « environ 1 100 calories le premier jour, puis environ 750 calories par jour du deuxième au cinquième jour », sous forme principalement de soupes à base de légumes, de barres énergétiques, de boissons énergétiques, de biscuits salés, d’olives, de tisanes et de compléments alimentaires.
Des prélèvements sanguins et gingivaux ont permis d’analyser des marqueurs de l’inflammation tout au long de l’essai (jours 1, 7, 45, 90 et 180).
Résultats à interpréter avec prudence
Le principal est le marqueur sanguin hs-CRP (protéine C réactive ultrasensible) : plus son taux est élevé, plus l’inflammation dans l’organisme est importante. Les chercheurs observent qu’elle « a augmenté au jour 1 dans les deux groupes, puis a diminué ». Cette hausse immédiate est attendue après un traitement parodontal, qui provoque une réaction inflammatoire transitoire.
La différence apparaît ensuite : chez les patients ayant suivi le régime, les taux redescendent plus rapidement et plus bas, avec « une tendance à la baisse des valeurs aux dates de mesure ultérieures ». Concrètement, cela suggère une inflammation systémique mieux contrôlée dans ce groupe.
D’autres biomarqueurs renforcent l’idée d’un effet anti-inflammatoire global. La MMP-8, une enzyme impliquée dans la destruction des tissus parodontaux, et l’IL-6, une cytokine qui participe à la régulation de l’inflammation, régressent dans le groupe test.
Ces résultats restent toutefois des tendances préviennent les auteurs : les comparaisons entre groupes ne sont pas toujours statistiquement significatives, mais l’évolution dans le temps (« variations temporelles ») indique un signal cohérent, à la fois au niveau sanguin (inflammation générale) et gingival (inflammation locale).
En revanche, sur le plan clinique, l’effet est nul. Les deux groupes présentent des améliorations comparables des paramètres parodontaux, et « aucune différence clinique parodontale n’a été observée entre les groupes ». Autrement dit, la réduction des marqueurs biologiques ne se traduit pas par un bénéfice mesurable sur l’état des tissus.
Sur le plan de la faisabilité, les résultats sont solides : « adhésion de 100 % » des patients au protocole nutritionnel, avec seulement « quelques événements indésirables mineurs ». Aucun impact négatif n’est observé sur la qualité de vie ou les résultats ressentis par les patients.
Les auteurs soulignent que « ces résultats doivent être interprétés avec prudence », en raison du caractère exploratoire de l’étude, de la taille limitée de l’échantillon et des analyses multiples.
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