Passion assistant dentaire

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  • Publié le . Paru dans Profession Assistant(e) Dentaire (page 34-35)
Information dentaire
« Assistant dentaire ? Mais c’est un métier de fille ! » : combien de fois Loïc a-t-il entendu ces mots ? Et pourtant, ça ne l’a pas empêché de réaliser ce qu’il appelle sa vocation. Portrait d’un jeune homme engagé.

« À 17 ans, j’ai décroché un BEP comptabilité, mais sans grande conviction, car mon dada, c’était le « social ». J’ai occupé plusieurs postes de secrétaires dans des associations, puis j’ai voulu préciser mon projet professionnel ». Il passe un entretien à l’organisme Formation & Santé. « En sortant, j’ai su que j’avais trouvé ma voie ! » dit-il les yeux brillants. Mais on le met en garde : il veut exercer un métier « de femme ». L’accueil sera peut-être mitigé, il aura du mal à faire sa place. Qu’à cela ne tienne ! Loïc est un battant, et un fier défenseur de l’égalité des sexes. Son nouveau métier, il fera tout pour l’exercer.

Alors qu’il suit sa formation, on lui indique justement un praticien qui veut s’entourer d’une équipe mixte, pour casser les stéréotypes. Le concept est intéressant : dans ce cabinet de groupe, les jeunes assistants (quatre garçons et cinq filles) sont tous en contrat de professionnalisation, et entourés de deux « mentors » déjà diplômés. Une première expérience très enrichissante pour notre Loïc… qui ne souhaite pourtant pas la poursuivre. « On était toujours au fauteuil. C’est intéressant, mais je voulais aussi faire du secrétariat, répondre au téléphone, accueillir les patients, gérer les stocks ». Bref, devenir le bras droit du praticien. C’est d’ailleurs ainsi qu’il voit la profession. « Selon moi, l’assistant est responsable de la bonne marche du cabinet. Avec le praticien, on forme un binôme indissociable ».
Loïc reprend donc son bâton de pèlerin en quête du poste idéal. Face aux éventuels refus d’embauche, il choisit la stratégie de l’intérim. « Dans l’urgence et sur des missions très courtes, je me disais que les dentistes ne rechigneraient pas à travailler avec un homme. Je voulais être le cheveu sur la soupe » dit-il en riant. Et pourtant, les réflexions pleuvent : « Vous me proposez un homme, mais est-ce qu’il va arriver à tout gérer, à être aussi efficace qu’une femme ? Est-ce qu’il aura un bon relationnel avec les patients ? ». Des doutes rapidement dissipés, bien sûr. Après deux missions en centres mutualistes, Loïc effectue un remplacement d’une semaine, dans le cabinet où il exerce encore aujourd’hui.

Ici, il est le seul assistant,
navigant entre le fauteuil, l’accueil, la stérilisation, le secrétariat. « Je peux même me transformer en informaticien, électricien ou plombier : assistant dentaire, c’est le métier de Shiva ! Ce cabinet, c’est un peu le mien. Je me sens vraiment associé au travail de mon praticien, c’est très valorisant ». Un praticien qui lui a accordé sa confiance dès le départ. Même si quelques ajustements ont été nécessaires : « il trouvait ma façon de parler aux patients parfois trop énergique, pas assez sécurisante ». Loïc veille donc à faire preuve de douceur et de patience, mais est-ce là une caractéristique exclusivement féminine ? Quoi qu’il en soit, il rayonne : « à l’aube de mes trente ans, je ne me suis jamais autant senti à ma place ! ».

Son enthousiasme est communicatif,
à tel point qu’on lui a demandé d’être délégué de l’UFAD (Union Fédérale des Assistant(e)s Dentaires) pour la région Rhône-Alpes. Il organise des rassemblements mensuels, autour d’un repas, d’un pique-nique, pour offrir une communauté aux assistant(e)s de la région – qui compte au moins dix hommes, d’ailleurs! Ils et elles viennent y partager conseils, petits et gros tracas. « J’ai aussi envie de nous fédérer autour de causes proches de notre métier : l’accès aux soins pour les sans-abri, les courses pour la lutte contre le cancer, etc. » explique Loïc. « On est toujours plus forts ensemble. Les assistant(e)s dentaires d’aujourd’hui sont les acteurs et actrices du futur. Pour améliorer notre statut, il faut se bouger dès maintenant ! ». À l’avenir, il compte aussi organiser des groupes de paroles incluant des chirurgiens-dentistes, « on partagera les vécus, les bonnes pratiques, pour être à l’écoute les uns des autres. Parce qu’on a tous un même objectif : le bon fonctionnement du cabinet ! ».

Dans quatre ans, le praticien de Loïc partira à la retraite. « Je me donne ces quatre années pour me former à la prophylaxie et l’éducation bucco-dentaire auprès des sans-abri. Mais aussi à la gestion et au management, pour devenir coordinateur dans un grand cabinet de groupe ». Des projets dont il parle avec exaltation. Et à l’écouter, on aurait tous envie de devenir assistant dentaire!

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