Depuis les années 2000, les applications des restaurations adhésives partielles en céramique se sont élargies à toujours plus de situations cliniques avec la volonté d’une économie tissulaire maximale, et cela même dans des situations de délabrement important et/ou de fortes contraintes occlusales. Cependant, la préservation des structures dentaires résiduelles et l’épaisseur des matériaux prothétiques requis pour assurer leur résistance nécessitent paradoxalement souvent un sacrifice supplémentaire d’une partie des tissus sains que l’on souhaiterait préserver. Les restaurations corono-périphériques (RCP) illustrent le niveau le plus avancé de ce paradoxe. La protection des structures dentaires par un recouvrement total et la grande résistance mécanique de la restauration réalisée sur une dent dont les caractéristiques de préparation sont standardisées et bien maîtrisées se font au prix d’un sacrifice tissulaire très important (jusqu’à 75 % du volume coronaire).
Dans quelle mesure et avec quel niveau de fiabilité les restaurations partielles collées indirectes (RPCI) postérieures peuvent-elles répondre aux exigences des restaurations des dents cuspidées délabrées tout en préservant un maximum de tissus sains selon les matériaux utilisés ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre les auteurs de l’étude rapportée par cette revue systématique et méta-analyse. Pour ce faire, une recherche particulièrement large a été réalisée dans les bases de données MEDLINE, Scopus, CENTRAL, ClinicalTrials.gov et dans l’International Clinical Trials Registry Platform, jusqu’en février 2024. Sur plus de 12 500 références identifiées, seuls six essais contrôlés randomisés ont finalement satisfait les critères d’inclusion, ce qui représente un total de 472 restaurations chez 324 patients. Notons que toutes les restaurations concernées par l’étude ont été réalisées dans un cadre académique.