En considérant l’allongement de l’espérance de vie et l’évolution démographique, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a proposé en août 2020 sa stratégie du vieillissement et de la santé sur 10 ans, nommée « Décennie 2020-2030 pour le vieillissement en bonne santé », approuvée à l’unanimité de ses États membres. Le document officiel propose notamment de mieux intégrer la santé bucco-dentaire aux soins généraux, dont elle est présentée comme un indicateur de santé chez la personne âgée. En décembre 2020, l’Assemblée générale des Nations Unies a officiellement proclamé la période 2021-2030 comme la « Décennie des Nations Unies pour le vieillissement en bonne santé ». Plus tôt, en 2017, l’OMS avait déjà initié cette stratégie par le programme ICOPE (Integrated Care for Older People) visant à révolutionner l’approche du vieillissement par une médecine préventive centrée sur l’individu par la surveillance de 9 domaines essentiels au bien-être parmi lesquels la mobilité et la nutrition.
L’article que nous avons choisi de rapporter cherche précisément à déterminer les liens entre l’état des fonctions dentaires et les apports nutritionnels chez les personnes âgées. Plus précisément, l’objectif de cette revue systématique avec méta-analyse est d’examiner les associations entre l’état prothétique, la capacité masticatoire, la force occlusale et le nombre de dents, d’une part, et les apports en énergie, protéines, lipides, glucides, fer, vitamine C, calcium et potassium chez les personnes âgées, d’autre part. Pour justifier leur travail, les auteurs rapportent en introduction de leur article un risque élevé de dénutrition chez 8,5 % des personnes âgées européennes vivant à domicile, où elle peut rester non détectée. Ils nous rappellent, en écho aux recommandations de l’OMS, que la dénutrition constitue un enjeu de santé publique, compte tenu de ses conséquences…