Comme chaque année fin novembre, le congrès de l’ADF va décerner son prix de l’innovation et consacrer le produit de l’année 2027. Dans le domaine des biomatériaux, l’évolution des produits et de leurs qualités a ouvert puis pavé la voie d’une dentisterie plus minimaliste, à la fois conservatrice et biomimétique. La dentisterie restauratrice évolue désormais de l’usage de matériaux principalement destinés à remplacer les tissus perdus vers des systèmes capables d’interagir avec leur environnement biologique. L’idéal vise des restaurations capables de favoriser la préservation des tissus résiduels, de freiner les biofilms et de répondre à l’acidité cariogène, tout en conservant leurs propriétés mécaniques. Les nanocharges, les fonctions bioactives et les réseaux hybrides ouvrent cette voie, mais doivent « fonctionner » durablement dans un milieu soumis à la fatigue mécanique, aux enzymes, à l’hydrolyse de la salive et aux variations thermiques. Sur quels domaines des biomatériaux se focalise la recherche actuelle, quelles sont les innovations déjà mises au point, leurs performances au laboratoire mais surtout en service clinique ? C’est la question à laquelle cette revue narrative s’est intéressée en sélectionnant des publications parues entre 2010 et 2025 pour en livrer une synthèse qualitative.
Bien que les auteurs y couvrent un large éventail de matériaux restaurateurs, nous avons volontairement limité notre revue de presse aux innovations toujours en développement notable, en privilégiant les nanomatériaux, les systèmes dits « intelligents » et l’apport des technologies les plus actuelles comme l’intelligence artificielle (IA). La première catégorie de matériaux ainsi présentés concerne les résines composites dont certaines propriétés sont améliorées par l’inclusion de nanoparticules aux fonctions multiples et que l’on peut nommer nanocomposites. Ainsi, des nanocomposites…