Cette année, l’interdiction des téléphones portables au lycée a été l’un des événements marquants de la rentrée scolaire, au moins pour les lycéens concernés, privés pendant le temps scolaire de l’accès aux contenus vidéos auxquels ils sont addicts. Dans le sillage de cette mesure, de nombreux reportages télévisés se sont attachés à montrer les « ravages » de la surexposition aux écrans chez les plus petits notamment, qui freine leur développement relationnel et leurs apprentissages. Pourtant, alors que nous entrons résolument dans l’automne, la présence d’écrans diffusant des contenus divertissants fleurit dans les cabinets dentaires ayant une activité en odontologie pédiatrique comme les jonquilles au printemps. Quel bénéfice est ainsi recherché pour faciliter la réalisation de soins dentaires chez les enfants ?
Les auteurs de l’article rapporté ont cherché à savoir si une distraction audiovisuelle visant à détourner l’attention des stimuli susceptibles d’engendrer la peur pouvait avoir un effet positif sur l’anxiété ressentie, la douleur ou le comportement des enfants, en complément des approches comportementales usuelles. L’étude qu’ils ont menée est un essai prospectif randomisé croisé, réalisé à l’université Medipol d’Istanbul entre juin et octobre 2022, portant sur des enfants de 4 à 9 ans, en bonne santé, sans expérience antérieure de soins dentaires, dont les molaires temporaires mandibulaires nécessitaient des soins sous anesthésie locale. Cet essai examine l’effet de la diffusion de dessins animés sur un écran fixé au fauteuil sur les trois critères précités, en associant autoévaluations, observations cliniques et fréquence du pouls. L’exposition au contenu sur écran est ponctuelle pendant la durée du soin, sans casque immersif. Après une première visite de familiarisation, deux séquences sont comparées : écran puis « dire – montrer – faire » seul…