Une vie : Anne Claisse

Information dentaire

La Revue

L'hebdo de la médecine bucco-dentaire
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Biographie

• Née le 9 décembre 1949 à Lille

• Mariée, 2 enfants et 3 petits-enfants
• Diplôme en Chirurgie-Dentaire (1973)
• Diplôme d’état en Sciences Odontologiques (1980)
• Attaché hospitalo-universitaire en Chirurgie Buccale (1974)
• Assistant hospitalo-universitaire en OCE (1978)
• Chef de Travaux et Praticien Hospitalier (1984)
• Maître de Conférences et Praticien Hospitalier (1990)
• Membre fondateur et titulaire de la Société Française d’Endodontie (1982)
• Expert en matière de Sécurité sociale (1984)
• Expert judiciaire près la Cour d’Appel de Douai (1990)
• Expert National agréé par la Cour de Cassation (2012)
• Membre associé (2000) puis titulaire (2009) de l’Académie Nationale de Chirurgie-Dentaire
• Présidente du collège de coordination Francophone des Échanges avec le Vietnam (2016)
• Chevalier (2007) puis Officier (2014) dans l’Ordre des Palmes Académiques
• Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur (2009)
• Conseiller régional de L’Information Dentaire

Interview

Pourquoi êtes-vous devenue chirurgien-dentiste, quelle a été votre formation ?
Anne Claisse : Le chirurgien-dentiste qui me soignait quand j’étais enfant – et que j’ai à l’occasion mordu par vengeance ! – était toujours débordé. Sous prétexte d’être un ami de mon père, il se permettait de me faire attendre sans vergogne tous les jeudis après-midi durant des heures et finissait souvent par me dire de revenir la semaine suivante. Au bout de quelques semaines, trouvant la situation injuste, je me rebelle et je lui dis que j’en ai assez d’attendre pour rien. Il me propose alors d’aller voir son prothésiste au laboratoire afin de m’occuper. Didier – c’était, je m’en souviens, son prénom – m’a accueilli dans son « antre », m’expliquant avec patience, moult détails et démonstration à l’appui, que l’on sculpte les prothèses comme les objets d’art ou les bijoux. J’ai découvert avec étonnement et intérêt le processus de la cire perdue. Une révélation. Ce même jour inoubliable, fascinée et impatiente d’essayer, je crée « ma première œuvre » que je ramène, pas peu fière, quelques heures plus tard comme un trophée à la maison. Sans complexe, j’annonce triomphalement à qui veut l’entendre que je serai sculpteur ou dentiste. Ce n’était pas une lubie d’enfant et c’est devenu une idée fixe… C’est ainsi que ma vocation s’est imposée à l’âge de 10 ans, d’une façon très simple mais déterminante.
Par ailleurs, issue d’une famille médicale, j’étais imprégnée de cette culture, mais j’avais aussi indéniablement un côté fantaisiste et créatif. La chirurgie dentaire est certes une profession de santé, mais elle nécessite des aptitudes manuelles et des capacités artistiques. Ainsi, elle s’est vite imposée comme la profession qui me convenait le mieux.
C’est dans ce contexte, qu’à l’issue de mon P1, je me suis inscrite à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Lille, au grand regret de mon père, professeur d’anatomo-pathologie et Chef du service de pneumologie qui ne cautionnait pas ce choix. Mon cursus universitaire s’est effectué tout à fait classiquement. Parallèlement à mes études dentaires, déjà obnubilée par les micro-organismes, je valide un CES de virologie et de bactériologie… et je passe mon temps libre à la sculpture de bijoux.
Diplômée, je déplore qu’il n’y ait pas dans notre spécialité l’équivalent de la médecine interne car, consciente de mes limites, je souhaite approfondir mes connaissances pluridisciplinaires. J’enchaîne donc les CES d’orthodontie, de chirurgie buccale et de multiples formations en endodontie, puis je m’installe en omnipratique en 1974.
Très rapidement, je suis sollicitée pour réaliser des vacations au CHRU de Lille. Probablement influencée par mon éducation dans un contexte hospitalo-universitaire, j’accepte, je me pique au jeu, je passe les concours et je gravis progressivement les échelons de la hiérarchie hospitalo-universitaire. Dans la foulée, je suis élue responsable du département d’Odontologie Conservatrice Endodontie, membre du conseil de Faculté puis du conseil d’administration de l’Université de Lille 2 et enfin responsable des relations internationales universitaires avec le Sud-Est asiatique.

Quelles personnalités vous ont le plus influencée au cours de votre cursus ? Pourquoi ?
A.C. : C’est d’abord évidemment ma famille qui a influencé ma vie, et par conséquent mon cursus. Elle m’a inculqué le sens des valeurs et l’amour du travail bien fait ; elle m’a forgé le caractère et m’a permis de me construire au fil des jours et des années ; elle m’a apporté l’équilibre nécessaire à un épanouissement personnel et professionnel. Cela représente l’acquis de départ dont on ne se déleste jamais.
Ensuite, la vie est comparable à une longue route avec de nombreux embranchements où les personnes se croisent et où naissent les opportunités qui influenceront notre parcours. Nous pouvons choisir de les saisir ou non. Nous avons tous notre chance, à nous de ne pas la laisser passer…

Ma première chance professionnelle a été d’avoir le Professeur P. Debailleul comme Chef de Département d’Odontologie Conservatrice Endodontie (OCE). Malgré mon jeune âge, il m’a d’emblée accordé sa confiance en me donnant la responsabilité de l’enseignement de l’Endodontie au sein de la Faculté, puis, à son départ, la direction du Département d’OCE. Il a eu l’art et le talent de me mettre là où je m’épanouissais le mieux, me permettant ainsi de donner le meilleur de moi-même. Ce fut une très belle période.
Mais ma rencontre la plus déterminante est assurément celle du Pr JM Laurichesse. Il m’a remarquée et choisie comme première élève. On m’avait promis « beaucoup de pleurs et de grincements de dents » avec ce « patron » très exigeant. Il n’en fut rien. Bien au contraire, il m’a mis le pied à l’étrier et m’a tout appris. Mieux, il m’a contaminée, j’étais atteinte par le virus hospitalo-universitaire dont on ne guérit jamais…
À ses côtés, je me suis passionnée pour l’endodontie, à une période où cette discipline était encore bien empirique dans notre pays. Tout était à faire… Nous étions de véritables pionniers et nous en avions la détermination. C’est ainsi que je devins membre fondateur de la Société Française d’Endodontie, une aventure qui me donna dès cette époque l’opportunité de rencontrer et de confronter mes idées avec les plus grands noms de cette discipline.
J’avais beaucoup reçu et la transmission du savoir devint un moteur de ma vie. Je souhaitais désacraliser l’Endodontie, trop souvent considérée comme une affaire de spécialistes, et mettre cette matière, difficile et délicate, à la portée de tous.

Quels ont été vos centres d’intérêts et comment ont-ils évolué avec le temps ?
A.C. : D’une grande curiosité, mes centres d’intérêts professionnels sont multiples et ils ont bien sûr évolué avec le temps. La clinique me captive, l’enseignement universitaire et post-universitaire me passionne, les activités expertales me dynamisent et m’enrichissent intellectuellement.
J’ai d’emblée tenu à mener de front une activité libérale et hospitalo-universitaire, car l’une complète l’autre. J’ai toujours été convaincue qu’un enseignement de qualité doit être adossé à une formation théorique solide qui nous permet d’acquérir les connaissances, mais aussi à une pratique clinique quotidienne au fauteuil qui nous donne l’expérience et la compétence. L’hôpital ne nous en donnait pas la possibilité à l’époque.

Je pense avoir trouvé le bon équilibre à travers cette pluri-appartenance car, après toutes ces années auprès des patients et des étudiants, mon intérêt pour ce que je fais est encore intact. La clinique ainsi que l’enseignement me passionnent toujours autant, les étudiants me le rendent bien et témoignent souvent de leur reconnaissance. Exigeants envers eux, ils le sont aussi avec moi. Véritables moteurs, ils obligent à aller de l’avant, à se remettre en question et à progresser…
Outre mon engagement dans la formation hospitalo-universitaire initiale, je me suis impliquée très rapidement dans la formation post-universitaire nationale. J’ai eu la chance d’intervenir dans de nombreuses structures régionales et de faire de bien jolies rencontres. Mais ma plus belle expérience est certainement ma collaboration et mon implication avec l’ADF qui m’a donné la possibilité d’être successivement conférencier, responsable puis président de séances, président scientifique, vice-président et enfin président du congrès annuel en 2008. Ce cheminement m’a permis de rencontrer au fil des ans une multitude de confrères d’un dévouement sans limite et d’une compétence qui suscitent l’admiration, mais aussi de développer des complicités et des amitiés précieuses. Ce qui est extraordinaire, c’est que chaque année la roue tourne, des jeunes confrères pleins de talents et d’idées nouvelles émergent et prennent le relais des plus anciens, dans le seul but d’améliorer encore et toujours les compétences des praticiens et de faire progresser la profession.
Par ailleurs, à la suite d’une mission humanitaire au Vietnam, je me suis engagée très tôt et intensément dans la formation post-universitaire internationale, notamment en Afrique du Nord, au Canada, dans le Sud Est asiatique, surtout au Vietnam où j’ai eu la chance et le bonheur de partager des moments singuliers et des expériences insolites, excessivement enrichissants sur le plan tant humain, personnel que professionnel.
Bon nombre de mes supérieurs hiérarchiques de l’époque, que je remercie sincèrement, ont fait preuve d’une grande ouverture d’esprit. Ils ont rapidement compris, cautionné et encouragé mes choix, contribuant ainsi à la formation des praticiens et à l’amélioration globale des soins en France mais aussi à celle des futurs enseignants étrangers, favorisant ainsi le rayonnement du CHRU de Lille l’un des premiers pôles hospitalo-universitaires à s’être impliqué dans la sphère internationale.
En ce qui concerne l’évolution de ma pratique, il est évident que mes rencontres ont fait que mon exercice s’est orienté tout naturellement vers l’Endodontie. Cette discipline clinique me convient particulièrement car on est « seul maître à bord » et totalement responsable, on se bat avec soi-même pour réussir. L’Endodontie ne trompe pas, si le traitement est correctement réalisé, le succès est souvent à la clé. Dans le cas contraire, on assume seul l’échec. Ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres disciplines.
Par ailleurs, ma formation de base et mes activités dans le service de Chirurgie Maxillo-Faciale du CHRU de Lille ont tout naturellement étendu cette pratique de l’Endodontie à la Traumatologie et à la Chirurgie endodontique, disciplines passionnantes et parfaitement complémentaires.
Mes activités libérales et hospitalo-universitaires me comblaient, mais les hasards de la vie m’ont fait croiser le chemin du Docteur Roger Pleskoff qui n’a eu de cesse de m’entraîner dans les arcanes de l’expertise médico-légale. Je suis alors retournée sur les bancs de l’école et un monde nouveau s’est ouvert à moi. Mon inscription, en 1994, sur la liste des experts judiciaires près la Cour d’appel de Douai puis ma nomination en 2012 en tant qu’expert agréé par la Cour de Cassation m’ont apporté un éclairage différent sur notre profession. Travailler avec la Justice demande par ailleurs une gymnastique intellectuelle passionnante et enrichissante, car les juristes ont un cheminement de pensée bien différent du nôtre. La formalisation y est importante, tout est factuel et les juges sont demandeurs de positions tranchées. C’est la raison pour laquelle le rôle de l’expert n’est certes pas aisé mais exaltant.
Quelles ont été les principales avancées dans votre domaine Lors des dix dernières années ?
A.C. : J’ai eu beaucoup de chance d’avoir vécu « l’explosion de l’Endodontie ». Les avancées dans ce domaine ont été rapides et spectaculaires. Si l’enseignement initial que j’ai reçu en Endodontie était très succinct et se résumait « au passage d’une broche et à un tour de Lentulo », tout a changé très vite dans les années 1975 avec le fameux « cleaning et shaping » de Schilder. Le traitement endodontique devint alors codifié dans le temps et l’espace : mise en forme instrumentale du système canalaire, nettoyage et assainissement physico-chimique par le biais d’une irrigation de plus en plus performante, obturation tridimensionnelle et étanche… Si la première approche était empirique et les résultats aléatoires, la seconde, bien plus performante, était longue et difficile, ce qui a découragé plus d’un praticien.
C’est alors que dans les années 1990 nous avons bénéficié d’avancées technologiques fantastiques : localisateurs d’apex, alliages en nickel titane, rotation continue, réciprocité… qui ont permis de faciliter nos traitements tout en améliorant grandement leur qualité. Ce développement industriel était très séduisant mais cette démarche purement mécanique risquait de nous transformer en techniciens spécialisés, oubliant l’aspect médical de notre profession.
Passé l’engouement de cette ère mécaniste, nous sommes revenus à des approches plus cliniques, grâce notamment à la généralisation de l’imagerie 3D qui a permis d’améliorer nos connaissances de l’anatomie dentaire et de ses relations avec les structures voisines ; de détecter et d’évaluer plus précisément les pathologies dentaires et radiculaires ; d’affiner nos diagnostics et nos approches thérapeutiques. Nous redevenions des soignants.
Mais l’avancée majeure reste incontestablement l’essor des connaissances fondamentales biologiques, physiologiques et bactériologiques qui nous amène à un meilleur respect des tissus avec des techniques plus conservatrices et l’utilisation de matériaux bioactifs. Leur maîtrise devrait révolutionner encore nos approches thérapeutiques endodontiques, actuellement toujours trop invasives.
 
Quelles questions scientifiques restent pour vous sans réponse ?
A.C. : Je pense vraiment que la meilleure Endodontie serait de ne plus faire d’endodontie. C’est pourquoi la question qui m’interpelle le plus est le développement de l’ingénierie tissulaire qui se focalise davantage sur la régénération que sur la réparation tissulaire. Elle est fondée sur trois principes fondamentaux bien établis : d’abord des cellules souches immatures, non spécifiques, capables d’auto-renouvellement, de divisions continuelles et de production de cellules progénitrices ; ensuite des facteurs de croissance, médiateurs biologiques qui régulent, influencent et guident la différenciation cellulaire ; enfin une matrice, scaffold naturel ou synthétique, qui remplace la matrice extra-cellulaire d’un tissu, régénère les fonctions cellulaires et guide la différenciation vers le type cellulaire recherché.
L’ingénierie tissulaire est applicable à l’Endodontie. Mais la complexité de la dent, avec son anatomie et ses structures particulières, complique considérablement les avancées dans ce domaine et les applications cliniques ne sont hélas pas pour demain. Hormis la thérapie cellulaire, la thérapie génique ou les médicaments de thérapie innovante représentent de nouvelles voies d’approches pleines d’espoir.
Ces recherches sont fascinantes et suscitent tout mon intérêt. J’aimerais tellement pouvoir connaître leurs développements et leurs applications dans notre spécialité…

Comment améliorer la prise en charge des patients en odontologie ?
A.C. : Une meilleure prise en charge des patients commence par une formation
nitiale de qualité des praticiens et une remise à niveau permanente par le biais de la formation continue. Cela dit, « mieux vaut prévenir que guérir ». Il me semble donc indispensable et urgent de mettre en place en France, à l’instar d’autres pays, une politique de prévention sur le long terme, globale, motivante et encadrée, tout en donnant aux praticiens et aux patients la possibilité et les moyens de l’appliquer. Je suis heureuse de lire que notre ministre Agnès Buzyn fait de la prévention sa priorité et il faut espérer que ses propos soient rapidement suivis d’effets.

Il faut par ailleurs revoir notre conception des soins, souvent trop invasifs, et pratiquer une dentisterie a minima, la plus conservatrice possible. Je dirais presque que « moins on touche à une dent, mieux c’est ». Les techniques et les matériaux actuels offrent des options thérapeutiques moins mutilantes, conformes aux données actuelles de la science médicale, mais ces soins de préservation tissulaire ont un coût.
Il faut dire, au risque de fâcher, que l’on se heurte à un réel problème. L’encadrement de la CPAM, « le reste à charge zéro », l’absence de revalorisation réfléchie des soins… constituent de réelles entraves à la réalisation de soins de qualité. Tout a un coût et il ne sera bientôt plus possible pour les praticiens de travailler conformément aux recommandations et aux obligations médico-légales. La profession a depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme ; il serait temps que les politiques en prennent conscience et, surtout, agissent… Ils devraient aussi comprendre que la médiocrité coûte cher. Elle engendre des aggravations, conduit à des retraitements plus onéreux et peut générer des dérives. C’est un très mauvais calcul d’étrangler la profession…
 
Comment selon vous améliorer la formation des chirurgiens-dentistes ?
A.C. : En ce qui concerne la formation universitaire
Dans son aspect théorique, je suis intimement persuadée qu’une médicalisation des études dentaires comprenant un tronc commun plus long avec la médecine et d’autres professions de santé est indispensable. Le vieillissement de la population nous confronte de plus en plus à des patients âgés, affaiblis, handicapés, polymédiqués… De meilleures connaissances médicales permettraient une prise en charge de ces patients au cabinet de façon plus sécurisée et sereine, mais aussi un désengorgement des services hospitaliers où, faute de mieux, ils sont trop souvent adressés.
Quant au volet clinique, je suis inquiète pour la formation initiale pratique des futurs praticiens, et ce, pour deux raisons. Tout d’abord, l’augmentation du numerus clausus, notamment à Lille, n’a malheureusement pas été concomitante avec l’attribution de moyens et de personnels supplémentaires. L’apprentissage clinique de la chirurgie dentaire demande une pratique au fauteuil, mais les équipements sont chers et insuffisants. Malgré la multiplication des terrains de stages extérieurs aux CHRU, le constat est que nos étudiants n’ont hélas plus assez de pratique et d’expérience cliniques. Ils risquent de ce fait d’avoir une compétence plus limitée à la fin de leur cursus universitaire. Il faudrait envisager la formation initiale comme un « compagnonnage », un accompagnement par petits groupes permettant à l’enseignant de dispenser un encadrement et un suivi plus personnalisés, une meilleure transmission des savoirs et l’acquisition par l’étudiant de bases solides puis, progressivement, de connaissances plus spécifiques. Mais cela demande, une fois encore, des moyens.
Par ailleurs, je suis préoccupée en raison de l’obligation faite aux jeunes enseignants d’exercer d’emblée leur carrière hospitalo-universitaire à plein temps, sans expérience professionnelle préalable. Nous allons à l’encontre de ce qui se fait ailleurs et dans de nombreuses disciplines où l’alternance est de mise. Notre rôle est de former essentiellement de futurs chirurgiens-dentistes. L’exercice clinique et la confrontation avec les problèmes quotidiens des praticiens durant un temps certain sont donc indispensables à mes yeux et ils légitiment l’expérience professionnelle et la compétence de l’enseignant.

En ce qui concerne la formation post-universitaire Il est évident que les praticiens doivent continuer à se former tout au long de leur carrière professionnelle car tout évolue très rapidement. La formation continue post-universitaire avait « explosé » quand elle était devenue obligatoire, mais l’absence de contrôle a modifié un peu les données. S’il est vrai que « la peur du bâton » fait avancer les choses, je ne suis cependant pas trop inquiète, car je pense que la majorité des praticiens sont parfaitement conscients, sous peine d’être vite dépassés, de la nécessité de combler les lacunes éventuelles de leur formation initiale et de se recycler en permanence face aux progrès constants de notre discipline. La profession n’a d’ailleurs pas attendu cette obligation pour créer des structures de formation continue d’excellence, comme l’ADF ou la SOP, qui proposent un panel de formations théoriques et pratiques dans tous les domaines, permettant ainsi aux praticiens de se remettre à niveau. Par ailleurs, de nombreuses sociétés locales ou plus spécialisées se développent, elles offrent des programmes attractifs et de qualité avec des approfondissements plus sélectifs. Il est heureux de constater que ces centres de formation affichent souvent « complets », mais il ne faudrait pas que l’appauvrissement de la profession modifie dans l’avenir ces pratiques et cette envie d’excellence.

Cependant, en aucun cas la formation post-universitaire ne doit pallier une insuffisance éventuelle de l’enseignement initial ; l’Université a un rôle capital dans la formation des futurs praticiens. La formation post-universitaire est là pour prendre ensuite le relais…

Pour terminer sur une note
personnelle, quel livre, quel
film, quelle musique, quelle
œuvre d’art emporteriez-
vous sur une Île déserte ?
A.C. : La solitude d’une île déserte incite à la méditation et au recueillement, c’est pourquoi, si je devais emporter un livre, ce serait la Bible. On peut la lire, la relire et chaque relecture interpelle, pousse à la réflexion, nous élève, c’est une œuvre inépuisable…
Si on prend votre question au premier degré, il est anachronique d’imaginer se retrouver sur une île déserte regardant un film ou écoutant de la musique ! Quoi qu’il en soit, une île déserte est pour moi forcément paradisiaque. La beauté du ciel, de la terre et de la mer ainsi que le chant des oiseaux, le murmure du vent et le tumulte des vagues me suffiront.
Quant à une œuvre d’Art, j’apporterais un grand tableau de famille avec tous mes proches, car j’ai besoin, comme un arbre, de m’ancrer par mes racines et de me projeter dans le futur par mes rameaux. Mais surtout, je ne pourrais pas vivre sans eux…

Une pensée qui vous est chère
pour conclure ?
A.C. : Pour ma part, je dirais simplement « Qui ne progresse, régresse », mais si je dois conclure par une pensée qui m’est chère, je citerai Confucius qui nous a livré ces mots magnifiques qui méritent réflexion : « La nature fait les hommes semblables, la vie les rend différents »…

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