Skander Ellouze
Invité à la séance de clôture aux Journées de l’Orthodontie
Y a-t-il des emplacements de mini-vis que vous privilégiez, et pour quelles indications ?
Le choix de l’emplacement découle avant tout du mouvement recherché, et des conditions anatomiques, pas d’une préférence de principe. Pour les mouvements exigeants en ancrage, typiquement une rétraction ou une distalisation d’arcade complète, je privilégie les sites extra-radiculaires : la crête infra-zygomatique au maxillaire et le buccal shelf à la mandibule. La vis reste stable pendant que les dents défilent devant elle, sans contact radiculaire ni interférence avec le mouvement.
Les sites inter-radiculaires gardent toutefois leur intérêt pour des mouvements plus localisés, une mésialisation ou une distalisation sectorielle, à condition de disposer d’un espace inter-radiculaire suffisant. Le site rétro-molaire, lui, garde sa place aux deux arcades dans certaines indications comme le redressement molaire. Mais attention, la conception du système de forces doit bien intégrer les effets à distance que ce site induit. Une vis mal placée ne pardonne pas, elle se contente d’attendre son heure.
Quels sont les pièges biomécaniques fréquents ?
L’une des erreurs les plus fréquentes est de raisonner « besoin d’ancrage » et non « système de forces » propre à chaque situation. La sanction, ce sont les moments parasites et leurs effets dans le sens vertical, égressions-ingressions, bascules du plan occlusal. En ancrage unilatéral, la conséquence typique est la bascule transversale, qu’on découvre parfois trop tard. Autre piège classique : sous-estimer le contrôle du torque et les effets verticaux liés à la hauteur du point d’ancrage.
À retenir :la mini-vis n’exécute pas la mécanique, elle offre un point fixe. C’est la conception du système de force – direction, point d’application, moment associé – qui fait tout…