Les aligneurs sont désormais utilisés couramment dans ces cas, et il est légitime de se demander ce que la littérature établit réellement quant à leur performance transversale, car la réponse n’est pas celle que les cliniciens supposent habituellement.
Mesurée au sommet des cuspides, l’expansion figure parmi les mouvements les mieux exprimés par les aligneurs. Houle et coll. rapportent une expression moyenne de 72,8 % au maxillaire et de 87,7 % à la mandibule [4]. Zhou et Guo retrouvent des valeurs comparables [5]. Sur cette base, la correction transversale par aligneurs n’est en rien un mouvement difficile.
Le tableau change lorsque le point de mesure se déplace en direction apicale. Dans ces mêmes études, l’expression chute nettement au niveau du collet gingival lingual et de la fosse centrale, et Houle conclut que le logiciel de set-up surestime le mouvement de translation : il se produit davantage de version que ce qui avait été planifié [4, 5]. La dimension transversale n’est donc pas le problème. Ce que le dispositif ne parvient pas à délivrer, c’est la composante radiculaire du mouvement, et tout ce qui dépend d’un couple plutôt que d’une poussée.
Le torque le confirme. Simon et coll. mesurent une expression de 42 % pour un torque incisif maxillaire supérieur à 10 degrés, malgré l’utilisation de power ridges ou d’attachements, contre 87 % pour la distalisation molaire dans le même échantillon [6]. Les revues systématiques ont régulièrement placé l’expression radiculaire et la rotation en bas du classement de prédictibilité [7]. Le torque négatif qui accompagne une occlusion inversée postérieure de l’adulte est donc précisément la composante que l’aligneur exprime le moins bien.
La compression postérieure constitue l’exception intéressante, et sur ce point la littérature ne confirme pas l’impression clinique courante. Dans la série de Kravitz, la constriction linguale était le mouvement…