À l’heure où la France interdit la fessée (art. 371-1 du Code civil), où la classe politique se saisit de ce fléau et légifère de façon importante sur la protection de l’enfance, de nombreux enfants restent les victimes silencieuses de maltraitance. Le chirurgien-dentiste, du fait des modalités de son exercice, a une place importante dans la détection et le signalement des violences infantiles. Cependant, ces dernières années, plusieurs cas de sanctions disciplinaires relayés par la presse ont fait naître une crainte du signalement chez les professionnels de santé, qui porte certainement préjudice à nombre d’enfants.
En effet, le secret médical est présent pour « garantir la sécurité des confidences » (Cour de Cassation, 19 novembre 1985). Il est indispensable pour qu’une relation de confiance puisse s’établir avec les patients, mais il peut sembler une barrière infranchissable à la révélation des maltraitances. Il n’en est rien. Cet article a pour but de démystifier cette notion de signalement et permettre aux chirurgiens-dentistes de retrouver une légitimité dans la lutte contre ces violences.
Le chirurgien-dentiste, une sentinelle dans la lutte contre la maltraitance infantile
Dans 75 % des cas de maltraitance, on retrouve des lésions de la face et de la bouche [4, 5] : le chirurgien-dentiste est donc en première ligne dans la détection des violences infantiles. Les autres professions médicales n’ont pas une bonne connaissance des lésions endo-buccales et n’ont donc pas la capacité de les détecter, ce qui donne au chirurgien-dentiste un rôle particulier et primordial dans ce diagnostic ardu. De plus, le parcours de soin dentaire implique, le plus souvent, de revoir les patients dans la durée, permettant ainsi une évaluation de la situation sur le long terme, l’installation d’une relation de confiance et d’un dialogue, donc une meilleure compréhension de la situation vécue par le jeune patient.
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