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Les maladies parodontales 1919 à 2019 : l’évolution des concepts

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Il y a cent ans, elle n'existait pas. Aujourd'hui, elle est une discipline incontournable de la médecine bucco-dentaire pour préserver les dents des patients. De connaissances empiriques en découvertes majeures, nous vous dévoilons dans les pages qui suivent l'histoire de la parodontologie…

L’étiopathogénie : changement de paradigme

Il y a 100 ans, la parodontologie n’existait pas. On parlait, depuis Fauchard en 1746, de « cette espèce de scorbut des gencives » dont les auteurs firent plus tard la pyorrhée alvéolo-dentaire [1]. C’est en 1921 que le para-dentium est défini [2] comme unité structurelle et fonctionnelle des tissus entourant la dent. En 1925, on distingue la gingivite de la parodontite [3] ; le terme parodontose est utilisé par Weinmann en 1934, qui considère la maladie parodontale comme une atrophie de l’os [4]. En 1946, Gottlieb présente son concept de cémentopathie qui entraîne la migration de l’attache [5].

Mais c’est seulement après 1965 que la preuve de l’origine bactérienne locale des maladies parodontales est établie par Loe et coll. [6]. Page et Shroeder, en 1976, décrivent une classification anatomopathologique et expliquent le lien entre gingivite et parodontite [7]. En 1982, Haffajee et coll. démontrent l’évolution de la maladie parodontale par poussées successives d’activité (destruction des tissus) [8].

Toute l’attention se porte ensuite sur la recherche des bactéries spécifiques responsables, ce qui aboutit, à la fin des années 1980, à la notion des complexes bactériens associés à celle de biofilms [9]. Offenbacher en 1996 [10] et Van Dycke en 2014 [11] introduisent une autre révolution qui associe la réponse inflammatoire à la destruction tissulaire. La réponse inflammatoire dépend de la génétique du patient et des facteurs environnementaux (tabac, stress, diabète, etc.) [12] (fig. 1).
La médecine parodontale a vu le jour à la fin des années 90, par la découverte des liens avec certaines pathologies générales.

1. Pathogenèse de la maladie parodontale (d’après Page et Kornman, 1997).

Les classifications

Depuis la première classification proposée par Gottlieb en 1925, plus de trente classifications des maladies parodontales ont été proposées selon l’évolution des connaissances en microbiologie, en immunologie et en génétique notamment.

En 2017, des experts du monde entier se sont réunis pour établir une nouvelle classification qui tient compte à la fois de l’observation clinique et des publications « evidence based ». Elle est basée, comme en oncologie, sur un système multidimensionnel de stades et de grades.
En plus de la sévérité et de la complexité de l’état parodontal, elle prend en compte les facteurs de risque associés au développement de la maladie parodontale…

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