Migration dentaire pathologique : signe pathognomonique d’une lésion parodontale

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°35 - 16 octobre 2019 (page 24-26)
Information dentaire
Les migrations dentaires pathologiques (MDP) constituent un motif de consultation fréquent des patients atteints de parodontite, pour des raisons fonctionnelles et esthétiques : « mes dents ont bougé/changé de place/me gênent » ou encore « des espaces sont apparus entre mes dents ». Celles-ci surviennent le plus souvent au niveau des incisives. Les patients consultent souvent directement un orthodontiste.

Définitions

La migration dentaire pathologique est un déplacement dentaire provoqué lorsque l’équilibre entre les forces qui maintiennent la position physiologique de la dent et les forces qui tendent à la déplacer est rompu [1]. Selon la quantité de perte d’attache, de simples forces occlusales ou la poussée linguale lors de la déglutition suffisent à déplacer la dent.

La migration dentaire suit un processus évolutif et continuera de s’aggraver en l’absence de prise en charge.

La MDP est une complication fréquente des parodontites et parfois l’un de ses premiers signes cliniques visibles par le patient et son entourage. Sa prévalence est de 30 à 55 % chez les patients atteints de parodontites modérées et sévères [2].

Formes cliniques

La MDP est dépendante de l’axe des forces appliquées à la dent. Ces forces peuvent ainsi conduire à des déplacements horizontaux, des versions (basculement par rotation) et/ou des égressions/extrusions (déplacement vertical seul, souvent retrouvé lors de la perte de dent antagoniste).

Des combinaisons de mouvements sont le plus souvent retrouvées, notamment lors de la perte du calage postérieur : déplacement horizontal et vertical, migration « en éventail ».

Facteurs étiologiques

L’étiologie des MDP est complexe et souvent multifactorielle. L’inflammation du parodonte (et son élargissement desmodontal), mais surtout la perte du ligament et de l’os alvéolaire dans lequel il est attaché, diminuent la solidité de l’ancrage et la résistance de la dent à l’impact des forces en présence :

  • occlusion naturelle ou traumatique (perte de dents avec ou sans effondrement occlusal postérieur, interférences occlusales) ;
  • parafonctions (bruxisme, clenching, déglutition atypique…) ;
  • fonctions orales : phonation, mastication, déglutition (pression exercée par la langue, les lèvres, les joues…) ;

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Parodontologie

Article réservé à nos abonnés Hypoesthésie postopératoire, histoire d’une complication d’une chirurgie plastique parodontale

Cas clinique ► Il était une fois une amie, médecin, qui présentait des récessions gingivales de 34 à 36. La...
Implantologie chirurgicale Parodontologie

Article réservé à nos abonnés Spécificités de la réponse inflammatoire de la péri-implantite par rapport à celle de la parodontite

Résumé Objectif Identifier précocement les patients et les sites à risque de péri-implantite est crucial pour prévenir au plus tôt...
Parodontologie

Article réservé à nos abonnés Thérapeutiques adjuvantes et innovantes dans le traitement parodontal non chirurgical

La maladie parodontale est considérée comme la sixième maladie inflammatoire chronique la plus répandue chez l’Homme. La parodontite résulte d’un...
Parodontologie

Article réservé à nos abonnés Porphyromonas gingivalis

L’objectif de cette rubrique est de rédiger la carte d’identité d’un habitant du parodonte. Elle présente l’identité de l’habitant (procaryote...
Parodontologie

Article réservé à nos abonnés Approche thérapeutique des récessions gingivales sévères dans le secteur antérieur mandibulaire

La récession gingivale se définit comme « la migration en direction apicale de la gencive marginale par rapport à la jonction...