Technique d’injection de composite dans le secteur antérieur

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°9 - 10 mars 2021 (page 31-35)

La clé est mise en place à fond, le composite fluide est injecté puis photopolymérisé à travers la clé transparente.

Information dentaire

La réalisation des restaurations composites directes dans le secteur antérieur présente deux challenges essentiels : la correspondance de la couleur (que nous avons abordé dans un précédent numéro de cette rubrique [1]) et l’intégration de la forme. L’anatomie tridimensionnelle de la dent est extrêmement complexe et comporte différents niveaux de détails. La sculpture d’une forme générale qui s’intègre à l’harmonie du sourire tout en respectant la continuité des lignes de transition, la macro-géographie mais aussi les détails de micro-texture de la dent en une seule séance clinique est extrêmement difficile. La technique proposée ici permet de différer ce travail méticuleux au laboratoire afin de se consacrer pleinement à la réussite de la séance clinique de restauration adhésive. Il s’agit de reporter directement en bouche tous les éléments anatomiques qui auront pu être réalisés au laboratoire par la technique de wax-up à l’aide d’une clé en silicone transparent qui autorise la photopolymérisation au travers (fig. 1).

Restaurations adhésives directes

Il existe aujourd’hui sur le marché des résines composites fluides chargées, résistantes mécaniquement et qui présentent de bonnes propriétés optiques. Le choix d’une résine qui présente de bonnes propriétés optiques impose néanmoins une photopolymérisation en fine épaisseur. Ainsi, dans le cas d’une perte de substance supérieure à 2 mm, il est préférable de reconstruire la surface en plusieurs incréments [2]. L’injection de résine au travers de la clé ne concerne ainsi que la couche la plus superficielle.

Afin d’obtenir un comportement optique le plus proche possible de celui de la dent naturelle, l’auteur recommande de réaliser le corps de la dent au préalable à l’aide d’un composite de restauration plus saturé. C’est uniquement la couche la plus superficielle qui est injectée. La technique d’injection de composite nécessite le respect d’un protocole strict et comporte quelques difficultés qu’il convient d’anticiper.

1. Empreinte initiale

L’empreinte initiale doit être la plus précise possible. Elle doit enregistrer l’anatomie de la ou des dents concernées, mais aussi des dents adjacentes. En effet, la clé d’injection sera stabilisée sur les dents adjacentes. L’empreinte ne néces- site pas de préparation préalable des surfaces dentaires.

2. Wax up

Le wax-up est réalisé au laboratoire par le prothésiste (fig. 2). Il permettra de reproduire l’anatomie de la ou des dents concernées. Il est préférable de ne pas ajouter de cire dans la partie la plus cervicale de la dent afin d’éviter toute fusée de matériau composite lors de l’injection. Par ailleurs, la clé s’appuyant sur la partie gingivale, il est possible de gratter le plâtre d’un dixième de millimètre dans la zone du sulcus et sur la gencive. Cela permet de compenser la dépressibilité des tissus mous (fig. 3).

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