Les inégalités sociales de recours au dépistage des cancers colorectal, du sein et du col de l’utérus demeurent marquées en France. Malgré la gratuité des tests dans le cadre du dépistage organisé, « les personnes les plus modestes participent nettement moins aux programmes de dépistage que les plus favorisées », constate une étude de la Drees publiée le 19 février. Entre 2017 et 2020, le taux de participation au dépistage du cancer colorectal parmi les 50‑74 ans est de 31,4 % pour les 10 % les plus aisés, contre 16,1 % pour les 10 % les plus modestes. Pour le dépistage du cancer du sein entre 50 et 74 ans, le recours des plus aisées est 1,6 fois supérieur à celui des plus modestes (48,1 % contre 33,1 %). Pour le cancer du col de l’utérus, les femmes du dernier décile de revenu y recourent 1,6 fois plus souvent que celles du premier.
Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs. La Drees relève des « contraintes matérielles persistantes », même lorsque l’examen est pris en charge : reste à charge potentiel, transport, examens complémentaires. S’y ajoutent des freins informationnels, une moindre familiarité avec les recommandations et un rapport plus distancié aux professionnels de santé. Les représentations du dépistage jouent aussi un rôle, certaines femmes considérant le dispositif organisé comme « trop anonyme ». Pour la Drees, ces résultats rappellent que la gratuité ne suffit pas à réduire les écarts et que des actions ciblées sont nécessaires pour toucher les populations les plus éloignées de la prévention.
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