En 2025, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un chirurgien-dentiste est de 10 jours en France métropolitaine, selon l’édition 2026 des « Cartes de France de l’accès aux soins » publiée le 19 mai par Doctolib et la Fondation Jean Jaurès. Soit un jour de moins qu’en 2023, selon cette étude qui s’appuie sur un volume de 234 millions de consultations auprès de plus de 80 000 professionnels de santé (dix professions). Une légère amélioration en lien avec la hausse des effectifs de la profession. Au 1er janvier 2025, la France compte 47 636 praticiens en activité selon la Drees, soit + 4,1 % sur un an.
Ce délai de 10 jours d’accès en chirurgie dentaire reste dans la moyenne des professions de premier recours. Ces dernières conservent des délais relativement contenus, inférieurs à deux semaines : 3 jours pour un médecin généraliste, 6 jours pour un kinésithérapeute, 8 jours pour un pédiatre et 12 jours pour une sage-femme.
Comme lors de la précédente édition, les spécialités médicales concentrent les tensions malgré des améliorations. Les délais médians atteignent 15 jours en psychiatrie (+ 1), 19 jours en gynécologie (- 2), 21 jours en ophtalmologie (- 4 jours), 32 jours en dermatologie (- 3) et 42 jours en cardiologie (+ 1).
En dentaire, un peu plus d’un tiers des rendez-vous sont toutefois obtenus en moins de 7 jours : 14 % en moins de 24 heures et 21 % en moins de 48 heures. La part des rendez-vous donnés à plus de 7 jours est de 59 %. La file active (nombre de patients uniques par praticien) est de 710 patients. Les écarts géographiques demeurent importants. 50 % des départements se situent entre 8 et 14 jours, 46 % entre 15 et 30 jours, et 3 % dépassent 30 jours. Seul un département présente un délai inférieur à 7 jours.
Les délais les plus élevés concernent la Sarthe (35 jours) et la Meuse (31 jours), tandis que les plus courts s’observent en Seine-Saint-Denis, dans les Alpes-Maritimes (7 jours) et les Bouches-du-Rhône (8 jours). « Cette géographie traduit une fracture persistante entre territoires urbains attractifs et espaces moins denses où l’offre reste fragile », relève l’étude.
45 % des patients utilisent déjà une IA
Celle-ci met toutefois en garde contre les limites de ces indicateurs. Les délais mesurés, toutes professions confondues, ne concernent que les rendez-vous effectivement obtenus par l’intermédiaire de la plateforme et ne tiennent pas compte des demandes non satisfaites. Une enquête menée auprès de 8 000 patients permet d’éclairer cet angle mort : 63 % déclarent avoir déjà renoncé à chercher un rendez-vous. Ce renoncement ne touche pas prioritairement les publics précaires : ce sont les cadres (71 %) et les 25-34 ans (75 %) qui renoncent le plus, davantage que les ouvriers (63 %) ou les personnes sans activité (63 %).
« L’écart de renoncement entre zones urbaines denses et zones rurales n’est que de 4 points, ce qui invite à dépasser le prisme des déserts médicaux pour appréhender l’accès aux soins comme un défi structurel national », souligne Doctolib.
L’étude montre ainsi que la densité médicale ne détermine pas seule les délais d’accès aux soins. L’organisation des soins pour dégager du temps médical détermine également l’accès aux soins. En ophtalmologie, par exemple, « les délais ont été divisés par plus de deux en huit ans à effectifs quasi constants, grâce au travail aidé et à la réorganisation de la filière », remarque Doctolib. Tandis qu’en cardiologie, la densité libérale a progressé mais les délais s’allongent.
Enfin, l’enquête montre que 45 % des patients utilisent déjà une intelligence artificielle (IA) conversationnelle pour des questions de santé, avec un clivage générationnel de 62 points entre les 18-24 ans (75 %) et les 75 ans et plus (13 %). Dans plus de 60 % des cas, l’IA influence le comportement de consultation : 25 % des utilisateurs déclarent avoir consulté plus rapidement à la suite du recours à l’IA générative.
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