Le tabagisme passif continue de faire des ravages dans le monde

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°31 - 16 septembre 2026
Information dentaire

En 2023, l’exposition au tabagisme passif a été responsable de 1,66 million de décès et fait perdre 44,8 millions d’années de vie en bonne santé au niveau mondial, selon une étude publiée le 7 septembre dans The Lancet Public Health.

Les auteurs estiment que 2,71 milliards de personnes, soit près d’un tiers de la population mondiale, ont été exposées à la fumée secondaire cette année-là (celle émanant des produits du tabac, et celle expirée par les fumeurs), dont 767 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans.

Cette étude constitue la première évaluation mondiale spécifique du poids sanitaire du tabagisme passif dans 204 pays entre 1990 et 2023. Les chercheurs ont notamment combiné une revue de la littérature scientifique, des enquêtes de population afin d’estimer à la fois la prévalence de l’exposition et le fardeau des maladies qui lui sont attribuables.

La cardiopathie ischémique apparaît comme la principale cause de décès attribuable à la fumée secondaire, devant la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et les accidents vasculaires cérébraux. Chez les enfants, les infections respiratoires constituent la principale conséquence sanitaire. Les chercheurs estiment ainsi que le tabagisme passif a été à l’origine de 5,2 millions d’infections respiratoires chez les moins de 15 ans en 2023.

Les femmes particulièrement touchées

Malgré le recul du tabagisme dans de nombreux pays depuis 1990, le nombre absolu de personnes exposées demeure élevé. Les auteurs expliquent cette stabilité par la croissance démographique mondiale et par l’augmentation du nombre de personnes exposées en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

L’étude met également en évidence des inégalités importantes. Les femmes et les enfants sont particulièrement concernés, notamment dans les régions où la prévalence du tabagisme est élevée chez les hommes mais faible chez les femmes particulièrement en Asie du Sud-Est et en Océanie. « Malgré ce fardeau substantiel, l’exposition au tabagisme passif reste rarement reconnue comme un facteur de risque majeur pour la santé des femmes », soulignent les auteurs.

Selon eux, environ 70 % de la population mondiale ne bénéficie toujours pas d’une protection complète contre la fumée secondaire. Ils plaident pour un renforcement des législations antitabac, notamment dans les lieux publics, ainsi que pour des mesures complémentaires telles que l’augmentation des taxes sur le tabac, les restrictions marketing et les programmes d’aide au sevrage

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