Le ministère de la santé a présenté, le 22 mai, un premier plan consacré à la santé des professionnels de santé, structuré autour de quatre axes et 13 mesures.
Il s’inscrit dans un contexte de dégradation de l’état de santé des soignants : 46 % d’entre eux déclarent avoir été malades au cours des trois derniers mois, soit près du double des salariés (27 %), indique le ministère.
Le plan repose sur quatre priorités : outiller et accompagner les professionnels, renforcer la prévention, améliorer la santé au travail et sensibiliser les soignants à leur propre santé.
La première série de mesures vise principalement à améliorer la lisibilité des dispositifs existants. Le ministère annonce ainsi la création d’un portail unique et d’un numéro d’appel, destinés à regrouper « sur un lieu unique l’ensemble des dispositifs existants » et à « favoriser la diffusion de bonnes pratiques ».
Un module « être acteur de sa propre santé » doit également être intégré aux formations initiales et continues, ainsi qu’un appel à projets de recherche. Rien de significatif donc.
Des engagements peu chiffrés
Le volet prévention repose notamment sur des « minutes prévention » dans les structures et sur la création d’un label « 3S » (Santé et soins des soignants) pour mettre en valeur les « structures qui s’engagent » dans la préservation de la santé des soignants et orienter ces derniers vers les établissements engagés.
Le gouvernement précise que « l’accès des soignants à des dispositifs de prévention doit être favorisé » et qu’il convient de « mieux cartographier les ressources ». Ces mesures, non contraignantes, reposent principalement sur des logiques d’incitation et de valorisation. Elles concernent d’abord les établissements, avec peu de déclinaisons explicites pour les professionnels de santé exerçant en ville.
L’axe consacré à la santé au travail illustre également cette orientation hospitalière. Les principales mesures portent sur le renforcement du dialogue au sein des établissements, l’évolution du rôle des infirmiers de santé au travail dans la fonction publique hospitalière, ou encore la formalisation des risques pour les aides‑soignants.
Le plan ne comporte ni calendrier détaillé ni enveloppe budgétaire globale. Le ministère se limite à indiquer que « certaines [de ces mesures] ont un impact budgétaire que l’on sait absorber et financer », sans chiffrage.
Au total, cette « première salve » de mesures repose davantage sur la coordination et la valorisation d’initiatives existantes que sur des réformes structurelles. Elle doit être complétée par de nouveaux travaux sur des thématiques comme les addictions, la parentalité ou la santé des étudiants en santé.
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