Stress, anxiété : les étudiants en dentaire sous pression

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Information dentaire

À la question « Quel mot qualifie, aujourd’hui, le mieux votre état d’esprit à propos de vos études en odontologie ? », sept fois sur dix, les étudiants en dentaire répondent « stress », loin devant les mots « enthousiasme » (35 %) et « satisfaction » (30 %), montre l’enquête « Bien‑être » de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD) publiée le 21 janvier. Ce mot arrivait déjà en tête en 2021, mais aussi en 2018 et en 2016. En dix ans, rien n’a changé !

Réalisée auprès de 914 répondants (à parts égales, 22‑23 %, de la 2e à la 5e année et 9 % pour la 6e année) sur environ 7 500 étudiants de la filière, cette enquête dresse un constat alarmant de l’état de santé mentale des futurs chirurgiens‑dentistes.

Au‑delà du stress omniprésent, 56 % des étudiants présentent un test positif au « GAD‑2 », indicateur de symptômes d’anxiété généralisée, un taux très supérieur à celui observé dans la population générale (12,5 %). Plus préoccupant encore, 47 % des répondants présentent des symptômes dépressifs selon le test de dépistage « PHQ‑9 » (20,8 % en population générale), dont 6,5 % une dépression sévère.

Si les causes sont multiples, la sphère académique apparaît centrale. « 75 % des étudiants estiment que leurs états de santé mentale découlent directement de leurs études », souligne l’UNECD. La charge de travail et la densité du programme rendent difficile la conciliation entre vie personnelle et formation : un étudiant sur deux estime que son bien‑être physique s’est détérioré, et 61 % déclarent avoir réduit ou arrêté leurs activités extrascolaires. Un étudiant sur trois indique même avoir renoncé à des soins médicaux par manque de temps.

« Paradoxe dentaire »
Parmi les facteurs impactant le plus négativement le moral, le « risque de redoublement » arrive en tête, cité dans 62,7 % des réponses au niveau national. Ce risque est fortement anxiogène dans certaines facultés, parfois mentionné par près de neuf étudiants sur dix (à Reims notamment). La notation et la pression liée aux résultats sont également identifiées comme des sources majeures de stress, perçues comme un jugement sur la valeur personnelle de l’étudiant.

L’entrée en clinique constitue un autre tournant critique. Plus de 45,8 % des étudiants estiment ne pas avoir été suffisamment préparés, tant à la relation patient‑praticien qu’aux actes thérapeutiques. « 36 % des étudiants déclarent être stressés souvent avant de prendre un patient en charge » et 37,2 % parfois. À l’issue du cursus, seuls 41,8 % se disent prêts à exercer en autonomie et en sécurité.

Ce mal‑être coexiste pourtant avec une forte adhésion à la filière. Malgré les difficultés, 60 % des étudiants se disent satisfaits de leurs études, et 42 % heureux de se rendre à la faculté.

Un « paradoxe dentaire », selon l’UNECD, qui appelle à des réponses urgentes. « Nous souhaitons alerter les pouvoirs publics, les universitaires ainsi que l’ensemble des acteurs de la profession et de la formation en odontologie, sur l’urgence de considérer la santé mentale des étudiants comme un enjeu structurant et prioritaire », indique Imad El Ouargui, le président du syndicat.

L’organisation étudiante plaide notamment pour un renforcement de l’encadrement humain, une réforme des modalités d’évaluation et le développement de dispositifs de soutien psychologique accessibles.

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