Tabac : plus de 68 000 morts en 2023, une hécatombe évitable

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°8 - 4 mars 2026
Information dentaire

En 2023, plus de 68 000 décès en France étaient attribuables au tabagisme, soit 11 % de la mortalité totale (16 % chez les hommes et 6 % chez les femmes), selon des estimations de Santé publique France (SPF) diffusées le 16 février.

Malgré une légère baisse par rapport à 2015, où l’on comptait 75 000 morts, le tabagisme demeure la première cause de mortalité évitable dans notre pays.

« Cette hécatombe, entièrement évitable, est inacceptable. Le tabac continue de retrancher près de dix années d’espérance de vie aux fumeurs, a vivement réagi le Comité national contre le tabagisme (CNCT).

Le cancer reste de loin la première cause de décès liés au tabac : il représente 55 % de la mortalité attribuable chez les femmes et 58 % chez les hommes. Les pathologies respiratoires chroniques comptent pour un décès sur trois lié au tabagisme, tandis qu’une maladie cardiovasculaire ou neurovasculaire est en cause dans un décès sur dix.

« La mortalité attribuable au tabac observée aujourd’hui est la conséquence d’habitudes tabagiques prises dans leur jeunesse par des générations d’hommes et de femmes qui atteignent l’âge où les maladies causées par le tabagisme ont une incidence élevée », rappelle SPF.

« Devenir Ex-fumeur »
Les disparités territoriales demeurent marquées. Les régions Hauts-de-France, Grand Est et Corse enregistrent des taux de mortalité attribuable au tabac supérieurs de 40 % à ceux de l’Île-de-France, région la moins touchée. Ces écarts illustrent la persistance d’inégalités sociales et sanitaires et confirment la nécessité d’ajuster les politiques de prévention aux territoires les plus vulnérables.

Dans les outre-mer, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane présentent des taux plus faibles, en cohérence avec une consommation historiquement moindre. La Réunion, en revanche, se rapproche des niveaux observés dans l’Hexagone.

Selon le « Baromètre » de SPF publié en octobre dernier, 55 % des fumeurs quotidiens expriment le souhait d’arrêter. Pour les aider, l’agence déploie jusqu’au 15 mars, une nouvelle campagne intitulée « Devenir Ex-fumeur » qui met en avant des parcours variés d’arrêt et vise en priorité les publics les plus vulnérables. Diffusée en télévision, sur les réseaux sociaux et sur les plateformes audio, elle encourage les fumeurs à engager une démarche d’arrêt durable et rappelle l’existence d’un accompagnement gratuit accessible toute l’année par le biais du numéro vert « Tabac info service » 39 89.

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