Si le nombre de fumeurs a diminué en France (leur nombre a reculé de 4 millions depuis 2014 selon Santé publique France), ce n’est pas le cas pour nombre de pays européens.
Des données publiées par l’OMS Europe le 26 février, montrent que, d’ici 2030, la Région européenne – qui rassemble 53 pays d’Europe et d’Asie centrale – devrait rester celle où la prévalence du tabagisme est la plus élevée au monde. L’OMS décrit un paysage contrasté : des politiques solides dans plusieurs pays, mais aussi des lacunes persistantes et un marché des produits nicotiniques en mutation rapide.
« Le tabagisme est déjà à l’origine chaque année de plus de 1,1 million de décès dus à des maladies non transmissibles dans la Région (68 000 en France, ndlr), et si nous n’accélérons pas nos actions, nous resterons la Région la plus touchée au monde d’ici 2030 », alarme l’institution.
Des cigarettes moins chères qu’en 2014
Certaines données témoignent d’une dérive préoccupante : plus de 40 % des femmes fumeuses dans le monde vivent en Europe, et les filles de 13 à 15 ans y présentent désormais la plus forte prévalence de tabagisme au niveau mondial.
« La Région européenne est la seule Région de l’OMS qui ne devrait pas atteindre l’objectif mondial de réduction de 30 % de la consommation de tabac chez les femmes fixé à 2025, s’inquiète Hans Henri P. Kluge, son directeur régional. Selon les projections actuelles, cette réduction ne devrait être que de 12 % entre 2010 et 2025. »
La montée de l’usage des cigarettes électroniques est également inquiétante aux yeux de l’institution : 14,3 % des adolescents de 13 à 15 ans les utilisent, le taux le plus élevé au monde. Ce ne serait pas un hasard, « mais le résultat d’une stratégie délibérée de l’industrie visant à cibler les jeunes. »
Les États européens sont appelés à combler « des lacunes critiques » : seuls 18 pays interdisent totalement de fumer dans les lieux publics, 13 bannissent toute publicité et, dans 19 pays, les cigarettes sont moins chères qu’en 2014…
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